Les "Cahiers du football" se
font cahiers à spirales. Les journalistes du magazine avaient déjà traité le
thème, dans leur publication, sous la rubrique « Les mots du foot ».
Ils reprennent l’ouvrage, peaufinent les tournures, pommadent les mots au
synthol, les frictionnent et les gominent, ils les frisent en correcitonnel, pour leur faire une gueule et sortent
un recueil de 58 expressions du monde du football. 58 idiotismes, un
dictionnaire au ras du gazon avec retour à la ligne illustrant, c’est selon, la
pauvreté langagière du footeux, ou sa richesse imagée.
Vous les connaissez par
cœur. Ces clichés sont tour à tour dans la bouche, de l’entraîneur, du joueur,
du consultant, du journaliste, commentateur, intervieweur. Les
formules s’étalent dans
vos journaux, à la radio, à la TV, sur tous les écrans. On se les repasse, téléphonées sans surprise.
La passe téléphonée -
L’espace entre les lignes - Les erreurs payées cash - "Le groupe
vit bien" - La
physionomie du match - Le temps additionnel - Le tir sans
conviction - Le détail - Mouiller le maillot - Les joueurs morts de faim - Le
petit Poucet - Le jeu à la nantaise - Les sirènes de l'étranger - La lanterne
rouge - Provoquer la chance - Vendanger une occasion - L’attaquant de poche -
Friser la correctionnelle - Faire le plein à la maison - La forêt de jambes -
S'empaler dans la défense - Le front de l'attaque - Pécher dans le dernier
geste – Rebondir - L'opération sur le plan comptable - La feuille morte - Le
coaching gagnant - Tirer dans le même sens - "Tout va très vite dans le
football" - La couverture mutuelle - L'agressivité dans le bon sens du
terme - Revenir avec de meilleures intentions - Bouffer la feuille - Ne pas
avoir de regret - La faute bête - Se mettre à l'abri - Le joueur transparent -
Faire abstraction du contexte - Imprimer le rythme - Ressortir les ballons
proprement - Le match à six points - Le caviar et le casse-croûte - Le marquage
à la culotte - Une frappe de mule - Les pieds carrés - Être sur le reculoir -
Montrer de l'envie - Le dernier rempart - Le match référence - Adhérer au
discours de l'entraîneur - Le renard des surfaces - La zone de vérité - Les
occasions franches - La clé du match - On prend les matches les uns après les
autres sans se poser de questions… Et quand on les perd les uns après les
autres, on change de locomotive. C’est bien connu : « Quand le train n’avance
plus, c’est la locomotive qu’il faut changer. » . Sans se poser de question.
Glissmann a tiré sa révérence. Il ne voyait plus que la mort, le rendez-vous avec la dame planche, au bout du toboggan.
Il regrettera le regard des enfants dans l’aire d’arrivée, le fracas des hourras, l’oeil humide, et pas seulement, des jeunes femmes qui tremblaient pour lui, il regrettera ce sentiment de toute puissance du mec qui en a, un cœur gros comme ça.
Il revivra le souvenir douloureusement excitant des envols au sommet de la bosse, des compressions qui vous collent le ventre dans le fondement, des courbes taillées au rasoir et des dévers qui vous catapultent dans les filets. Tenir, ne pas s’asseoir, plonger, vite, vite, vite... tourne et tourne le colosse de Morillon, jeté de portes en portes, aspiré par le tourbillon de la gloire, la valse des succès, déroulant à des vitesses vertigineuses le long ruban blanc, dans des gerbes d'écume de neige et de glace.
Tic-tac, tic-tac ricane la camarde. Tonio était « loin du compte. ». Une embardée spectaculaire en février 2006, une glissade qui n’en finit pas scellaient ses fiançailles avec la peur. Une traînée douloureuse collait à ses semelles, une chiasse de trouillard. Il sentait bien, alors que défilaient les secondes, qu’il n’irait plus taquiner Chronos.. Mourir, mais de mort lente, en flânant en chemin.
Le club valaisan décide de
fermer sa tribune nord et d’en chasser les indécents scélérats des vils. La tribune nord, antre des extrémistes à
poils durs sera déserte pour les prochaines échéances du FC Sion. Plutôt seuls
que mal accompagnés semblent dire aujourd’hui les dirigeants du FC Sion.
Bravo !
Péripéties ? Actes
isolés ? Agissements collectifs ? Depuis plusieurs mois, des
supporters se rendent coupables d’incivilités. Les habitants de ce gradin qui
tournent le dos, aux bonnes manières, à
Valère et à Tourbillon, n’ont pas le
monopole de la bêtise. A Londres, un spectateur anglais a visé Drogba avec un
rayon laser. Fumigènes, jets d’objets divers, Pascal Zuberbühler a récemment
reçu à Sion un porte-clef, il disait dans « Sport Dimanche » avoir de
quoi ouvrir un musée avec l’ensemble des bidules variés, machins, colifichets,
et autres babioles, lancés dans sa direction par d’irascibles fanas, rouges,
jaunes, verts ou bleus.
Samedi à Tourbillon, le
gardien de Lucerne David Zibung, a reçu sur le mollet une console de jeu. A
entendre les plus excités du gradin nord, qui sème le vent récolte la tempête,
le gardien de Lucerne l’a bien cherché. « Zibung, Varela, Yakin,
tous, y font rien qu’à embêter les supporters gracieux, placides et pacifiques
de la tribune nord». C’est ainsi que se
justifient les Ultras et les Red Side. Sans commentaire.
Ils ne sont que quelques
délinquants… et tous sont punis, privés de tribune et du spectacle de leurs
champions. Je ne suis, habituellement,
pas un adepte de la punition collective, mais dans le cas présent, je suis très
tenté d’adhérer à cette fermeté des dirigeants sédunois. Après tout, nous
sommes sans doute des milliers à ne plus oser nous rendre au stade en famille,
de peur de croiser l’une de ces repoussantes figures.
tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.