Les chevaux n’ont rien de plus cher que leur écurie
13 novembre 2007
Il y a des jours comme ça,
on serait mieux au lit. Des jours où on voudrait avoir quartier libre. Vous,
non ? Ce matin, j’avais pas envie d’aller au boulot, pas envie de me
battre, j’avais pas envie de bouffer le monde, pas envie d’être un winner, de
me farcir des dossiers, de traiter des problèmes des autres. Un matin plombé,
un peu frisquet, un coup de vent qui nettoie le ciel et un soleil voilé qui
vous susurre avec insistance que l’essentiel est ailleurs. Les sanglot longs de
l’automne berçaient mon cœur, comme qui dirait, d’une langueur monotone.
En
voyant Federer se faire malmener par Gonzales, je me suis dit que lui aussi, il n’avait pas envie d’aller bosser aujourd’hui. Tout à coup il n’avait
plus envie de jouer à la baballe. Depuis quelques semaines déjà, il ne volait
plus de tournoi en tournoi, de victoire en victoire, comme un gai pinson, quand
il est gai et qu’il sait qu’il aura du glamour et du gain.
Sous les Sunlights de
Shangaï, il pensait que le temps des cadeaux de Noël arrivait, qu’il ne savait
pas trop quoi offrir à Mirka, qu’il y avait bien longtemps qu’il n’était parti
en week-end avec elle. Il se demandait ce qu’il aurait sous la sapin, peut-être
rêvait-il d’un petit Federer… Et puis tiens dimanche, il irait sans doute
manger un gigot haricots chez Lynette, sa maman.
Christophe Blondeau