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Le Blog de Christophe Blondeau
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Tour de vélo ou Tour volé, c'est Solon
Je dois confesser une
admiration, une sorte d'extase masochiste pour les éternels seconds, les Poulidor, les
valeureux viennent ensuite. Les vaillants coureurs, les chevaux de mer qui en
vagues incessantes, en rouleaux de tours de jambes, débridés et écumants,
attaquent le pied des calvaires et partent à l’assaut des Tours d’ivoire. Sac
et ressac qui jamais ne font vaciller, ou tellement rarement, d’outrageants
dominateurs. Poulidor, Zoetemelk,
Ocana, dans mon cœur
d’éternel enfant, jouissent d’une estime à nulle autre seconde.
Jan Ullrich était de mon
petit panthéon. A 9 ans, l’enfant de Rostock travaille dur dans une usine à
champion de Berlin-Est. Élevé sans père, il a tété une mère, la matrice inépuisable, qui est encore
l’Allemagne de l’Est. Nourri au sein d’une rude et
austère machine à produire du muscle et des médailles à la gloire du régime.
J’aimais ce garçon. Tour à Tour, laborieux travailleur et jouisseur désinvolte.
J’aimais l’histoire dramatique et belle de ce David Copperfield, grouillot des
boues de RDA, que la réunification de l’Allemagne avait arraché à son moule fangeux
et spartiate pour le jeter dans l’opulente, l’intarissable corne d’abondance.
La gloire, les succès, la
fortune, avaient donc un prix. Le prix des rêves brisés, les nôtres et les
siens. Mon panthéon est décousu. Dans un vaine tentative de justification, Jan
essayait encore, d’un geste qu’il voulait majestueux, de montrer ses coupes et
trophées. Répondant sagement à la frime,
à l’esbroufe, le philosophe Solon avait dit à Crésus: « N’appelons
personne heureux avant sa mort. ».
Christophe Blondeau
20 novembre, 2007 | Permalink
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Les chevaux n’ont rien de plus cher que leur écurie
Il y a des jours comme ça,
on serait mieux au lit. Des jours où on voudrait avoir quartier libre. Vous,
non ? Ce matin, j’avais pas envie d’aller au boulot, pas envie de me
battre, j’avais pas envie de bouffer le monde, pas envie d’être un winner, de
me farcir des dossiers, de traiter des problèmes des autres. Un matin plombé,
un peu frisquet, un coup de vent qui nettoie le ciel et un soleil voilé qui
vous susurre avec insistance que l’essentiel est ailleurs. Les sanglot longs de
l’automne berçaient mon cœur, comme qui dirait, d’une langueur monotone.
En
voyant Federer se faire malmener par Gonzales, je me suis dit que lui aussi, il n’avait pas envie d’aller bosser aujourd’hui. Tout à coup il n’avait
plus envie de jouer à la baballe. Depuis quelques semaines déjà, il ne volait
plus de tournoi en tournoi, de victoire en victoire, comme un gai pinson, quand
il est gai et qu’il sait qu’il aura du glamour et du gain.
Sous les Sunlights de
Shangaï, il pensait que le temps des cadeaux de Noël arrivait, qu’il ne savait
pas trop quoi offrir à Mirka, qu’il y avait bien longtemps qu’il n’était parti
en week-end avec elle. Il se demandait ce qu’il aurait sous la sapin, peut-être
rêvait-il d’un petit Federer… Et puis tiens dimanche, il irait sans doute
manger un gigot haricots chez Lynette, sa maman.
Christophe Blondeau
13 novembre, 2007 | Permalink
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Les privilégiés n'ont pas d'oreille
Sourd aux nombreux appels lancés par les internautes, je viens de m'offrir une soirée de ski virtuel, de griserie dans des courbes taillées au rasoir, des schuss vertigineux, de hourras d'un public frigorifié, mais enthousiaste. 2 minutes 07'' à Val Gardena.
Les plus assidus auront saisi le sens de mon propos et j'entends déjà les reproches. C'est quoi ce favoritisme. Je partage votre sentiment. Quelle frustration!!! On l'a attendu, il est presque là, tout près... on pourrait le toucher et puis non, pas encore. Seule la version test existe, la version publique sera disponible dans quelques semaines.
Il est bien! Vraiment bien. Deux ou trois petits défauts de jeunesse. Ils seront corrigés très vite. Je sens bien que vous n'avez aucune patience. Val Gardena, Bormio, Kitzbühel, Wengen, et la petite dernière Val d'Isère. 
Je vais jouer encore un peu, m'assurer que l'on peut bientôt le mettre entre vos mains ce "Ski Challenge 08". Victor Hugo disait "Les privilégiés n'ont pas d'oreille du côté des déshérités".
Christophe Blondeau
6 novembre, 2007 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.