Le Blog de Christophe Blondeau
Le sport à la tv

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J’ai sur le bout de la langue

J’ai sur le bout de la langue ton nom presque effacé. La langue fourchue du géant de Provence avale chaque jour, de Bédoin ou Malaucène, des centaines de cyclistes, des anonymes en équipages hétéroclites. Farauds en livrées multicolores et cadres profilés,  vététistes à gros pneus, amateurs affutés et épilés, citadins égarés, ventrus et pansus  inconscients. Victimes consentantes, aguerries et sereines, asphyxiées ou tétanisées, remontent avec aisance le serpent bitumeux, poussent essoufflés leurs City Bikes inadaptés, ou hissent, en tanguant dangereusement, leur surcharge pondérale jusqu’à la gueule Vorace du Titan.

Ils veulent se frotter au mythe. Treize fois, les forçats de la route s’y sont empoignés. De Lazarides en 1951, à Virenque en 2002, Merckx, Poulidor, Robic, Bobet, Thévenet,…les grands noms du vélo s’y sont illustrés. Pas seulement dans la chronique sportive... Tom Simpson y agonisa, il y a 40 ans. Tout au long des 20 km de l’ascension du Mont Ventoux, leurs noms s’étalent encore aujourd’hui, en grandes lettres blanches. Des inscriptions qui s’effacent avec le temps; Pantani, Virenque, Ullrich, Armstrong, Landis, Vino, … des monuments de bravoure. Les noms s’estompent, rongés, salis.  J'aimerais tous vous oublier. J’ai lu, sur le bout de cette langue bien pentue, tous vos noms presque effacés.

Christophe Blondeau

10 août, 2007 | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack (0)