Urbanité, civilité sont des mamelles délaissées
19 juin 2007
Bonjour, s'il vous plaît. Merci! Excusez-moi!
Enfant, ce sont-là quelques-unes des formules que m'imposèrent, avec insistance, mais sans violence, mes géniteurs. Mes maîtres (ses) d'école, dures mais justes, mes surveillants, des Bouillons (relire le Petit Nicolas) à la main parfois leste, appuyèrent, si besoin d'une taloche, les mêmes messages. J'ai gardé de cette éducation, je le dis sans modestie, une politesse exquise, une infinie courtoisie.
Comment les gens ont-ils été élevés?
Samedi, jour de ducasse chez les voisins, c'était le baptême de la petite. On est heureux pour les voisins, la famille, chiquement véhiculée investissait le quartier. Un joyeux défilé de Sports Activity Vehicle ( 4X4 nouveaux riches), un joyeux défilé de monstres prétentieux livra son lot de petits bourgeois et s'immobilisa... dans ma cour. Et la parentèle de courir à la bénédiction de l'innocente, puis au gigot haricots, sans un regard, sans un bonjour. Tout juste n'a t-elle pas demandé aux manants d'aller garer les carrosses.
Hier matin, quai de la gare à Lausanne, un paltoquet s'engouffre dans l'Intercity à l'ouverture des portes. Tout faraud de son costume milieu de gamme, il enjambe une pauvre femme, propulse un malheureux dans l'encadrement, repousse, à l'intérieur du wagon, les voyageurs somnolents, remonte et fend sans délicatesse la marée pendulaire qui attend patiemment de mettre pied à quai.
Dans le bus, une grosse femme du monde dispute une place assise à une femme âgée, toujours gaillarde. Sous les assauts de l'arrogant fessier, un vieux cacochyme, fragilisé par l'âge et les privations dues à sa maigre retraite, est tout près de laisser un fémur.
Voilà ce qu'est aussi la délinquance ordinaire de nos cités, l'incivilité ne porte pas toujours un nom à consonance étrangère. Le parfum de certains dissimulent mal leur odeur putride. M'adressant à tous ces malotrus et faisant violence à ma bonne éducation, je vous livre ici, citant Napoléon, le fond de ma pensée: "Vous êtes de la m.... dans un bas de soie"
Christophe Blondeau
PS: Urbanité, civilité sont des mamelles délaissées, sauf dans le sport bien entendu.
Cher Monsieur Blondeau,
Quel délice de vous lire: un peu de douceur dans ce monde de brut. J'emprunte les transports en commun et vis journellement la situation décrite! Mais vous la décrivez avec tant de saveur que dorénavant elle me fera sourire au lieu de m'exaspérer. Merci.
Rédigé par: Yvonne | 19 juin 07 17:15:42
Cher Mosnier Blondeau
J'ai le même avis qui vous. Le temps aujourd'hui est autre. Vous êtes bel et intelligent.
Rédigé par: Thomas Pirovano | 29 juin 07 10:39:04
Cher Monsieur Blondeau, je sui de Reconquista, Prov. de Santa Fe, Argentina; sur vous plait, responde moi: ¿vous avez familieurs en Reconquista? Merci beaucoup. Rosario
Rédigé par: María del Rosario | 19 août 07 05:02:15