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Le Blog de Christophe Blondeau
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La guerre d’indépendance
La Formule Un passe à la trappe. Par mesure d’économie, la télévision suisse de service public vient de décider de se passer des services de la cavalerie mécanique qui, 17 fois par année, réunissait devant l’écran TV, 100 à 150 000 Romands. La redevance devait-elle financer la Formule Un? Doit-elle permettre l’achat des droits de diffusion de toutes ces grandes compétitions que l’on peut voir sur divers canaux?
Je n’ai jamais été un fervent supporter du grand cirque pétaradant, mais, depuis 35 ans il a réuni des générations de Suisses. A travers ces retransmissions, le public romand s’est passionné. Pour ou contre les courses automobiles en Suisse, pour les champions suisses, pour les champions étrangers vivant en Suisse, pour ou contre le commentateur de la Formule Un... Malgré la concurrence, F1, Ligue des champions, Coupe du monde de foot, Tour de France, les téléspectateurs romands plébiscitent la TSR, ils y sont chez eux. Aujourd'hui encore, impossible de croiser un téléspectateur qui ne vous interpelle sur ce thème. Dans ce sens, la F1 sur la TSR faisait partie de la culture de ce coin de pays, elle y faisait débat.
Les passionnés, je n’en suis pas, auront tout loisir de faire hennir leurs chevaux de plaisir sur d’autres chaînes. Nous pouvons tous voir le football, le hockey sur des TV à péage, nous y verrons peut-être bientôt le tennis, le ski… si l’on n’y prend garde, d’autres pans de notre patrimoine télévisuel commun peuvent tomber. Il en va de même pour la culture. Pourquoi la redevance financerait-elle des émissions singulières, quand des programmes élitaires peuvent nourrir les appétits d’une minorité férue d’art. Et pourquoi produire encore une information audio-visuelle exigeante, ambitieuse et coûteuse, si elle ne transporte à haute vitesse et sans filtre la propagande des politiciens experts en dérapages et fossoyeurs du service public. La perte de certains de ses atouts programmatiques prive le service public d’une partie de sa légitimité et, partant, des moyens de son indépendance.
Christophe Blondeau
30 janvier, 2007 | Permalink
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L’UCI, oh l’UCI, rien ne te gêne
Pereiro était-il dopé ? L’Union Cycliste Internationale, l’UCI, vole au secours de l’Espagnol. « Sujet à l’asthme, Pereiro se soignait au salbutamol et possédait une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques. (AUT) ». Une insuffisance respiratoire et c’est l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) qui tousse. Selon l’agence, rien dans le dossier médical de Pereiro ne justifiait la prise d’un tel produit. L’UCI descend du singe, elle ne voit, n’entend, ni ne dit quoi, ni caisse. Avant-guerre, un vainqueur du Tour de France vivait en moyenne jusqu’à 75 ans, quand la moyenne d’âge des Français était de 60 ans. Après-guerre, la tendance s’est inversée, un maillot jaune sur les Champs-Elysées va trépasser à 60 ans (8 des dix derniers vainqueurs), quand le Français moyen espère 77 ans.
Autre inversion de courbe intéressante. Alors que le nombre de contrôles se multiplie, le nombre de cas de dopage diminue. 27% des coureurs contrôlés sur le Tour en 2003 étaient positifs, 25% en 2004, 15 % en 2005 et 9% en 2006. Cette courbe réjouissante a croisé celle, non moins significative, de l’augmentation des AUT, les très pratiques autorisations d’usage à des fins thérapeutiques délivrées par l’UCI. Le troupeau asthmatique engraisse sans révolte ses bourreaux. Le peloton meurt à 60 ans, en mouton bêlant, avec la caution de l’ange de la mort. Il y a cinquante ans, les lions (y-compris des Flandres) mourraient vieux et dignes.
Christophe Blondeau
22 janvier, 2007 | Permalink
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Le sourire des protège-dents
Bienvenue en ovalie. Dimanche, dans les travées du stade de Genève, la fraternité le disputait à la courtoisie. La Praille résonnait de chants irlandais et d’hymnes forts d’Isère. 18000 passionnés de rugby nous ont réconcilié avec le sport de masse. Quelle bataille, quelle symphonie en ray-gras, de mouvements collectifs, de chevauchées et quel esprit, quelle rafraîchissante vigueur de supporters hurlants, portant un quinze puis l’autre, trente glorieux en champs mêlés. Des hommes, modestes dans la victoire et fiers dans la défaite, ovationnés par un public heureux, chaleureux, bon enfant. De France, d’Irlande, de Suisse, le rugby connaît ses amalgames sur le bout des doigts et ses chantres savent botter des atomes crochus entre des poteaux de hasard.
Christophe Blondeau
* d’après le titre du très beau livre de Christian Montaignac « Le sourire des protège-dents. » 1999 au Castor astral
15 janvier, 2007 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.