L'art de dire des conneries
19 décembre 2006
Aujourd’hui plus que jamais, le tout, le n’importe quoi, l’amalgame, la fable, le boniment, la provocation, nourrit ou nourrissent (tour à tour ou ensemble) la communication, verbale ou épistolaire des politiques, des dirigeants d’entreprises, des syndicalistes et, des présidents de clubs de football. Harry G. Franckfurt, en 1985, dans un essai consacré à, « L’art de dire des conneries » (publié chez 10-18), relevait que : « L’un des traits caractéristiques de notre culture est l’omniprésence du baratin. ». Le philosophe relève aussi, qu’au fond, on s’en fout un peu, tant nous sommes persuadés de savoir extraire la vérité du brin de causette, la parole de Dieu du débit Blick.
Du point de vue du baratineur l’arbitre est nul. C’est le point de vue affirmé d’un geste chaloupé au coin du zinc du bar tabac de la rue des martyres. Tu déconnes ! Et cette opinion, c’est vrai, on s’en fout un peu. Sauf que le déconneur de talent, sans mentir, nous fera douter, fera vaciller notre idée de la vérité. Mais quand le bonimenteur est malhabile, il se fait menteur. Il connaît la vérité et la tronque volontairement. Ce n’est pas péché aurait dit saint Augustin. L’auteur ne ment pas pour le plaisir, il recherche un objectif suprême. Peut-être même est-il sincère, tant sa tromperie est sa vérité. Alors, le mensonge ne trompe plus que son auteur. Personne n’est dupe.
Christophe Blondeau
19 décembre, 2006 | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack (0)