Les cellules louches
29 août 2006
Thierry Henry a fait congeler le cordon ombilical de sa fille Tea, c’est une révélation du Sunday Times. Comme l’attaquant français, 5 joueurs du championnat d'Angleterre ont congelé des cellules souches de leurs bébés essentiellement pour un usage autologue (réservé au donneur) c’est à dire pour le bien de leur enfant. Mais, les stars du ballon ne cachent pas qu’éventuellement, ils pourraient bien utiliser ces cellules à des fins thérapeutiques pour eux-mêmes. Le journal anglais parle d’un kit de réparation en cas de blessures. Injecter dans un genou, les cellulues souches peuvent aider à la reconstruction, réparer les tendons, les ligaments, le cartilage. La formule fait recette chez les people. Les cellules souches de cordon représentent une alternative aux cellules souches d'embryons humains dont le prélèvement pose d’énormes questions éthiques.
Une fois prélevées, le matériel est stocké dans une banque. Dans notre pays, la banque suisse des cellules souches est la seule société qui peut stocker et conserver ce matériel génétique, réservant toutefois ce matériel cellulaire au seul donneur. Elle propose un stockage de 20 ans pour 2700 francs. 2700 francs c’est pas donné, cela d’autant que rien ne garantit la fiabilité de la méthode. Une équipe de la Newcastle University a reconstitué des cellules de foie et une équipe de scientifiques de l’Imperial College of London a reconstitué du cartilage. Le procédé représentera peut-être un vrai progrès médical mais actuellement c’est de la science fiction déclare Axel Kahn. Sur Europe 1, le généticien français dénonce un mercantilisme de l’espoir pour les parents et les sportifs.
N’importe qui peut désormais s’offrir ce service. Le marché se développe et certaines sociétés sont très offensives, allant même jusqu’à culpabiliser les parents qui ne contracteraient pas cette assurance santé. Foin de réserve, le directeur de la société britannique qui a congelé les cellules des footballeurs anglais se dit très optimiste. « Le recherches sont suffisamment avancées pour que l’on puisse les transférer chez les footballeurs ». Tant qu’il n’y a que stockage, rien à dire. Le jour où il y aura eu validation des techniques dans une population large, il n’y aura plus aucune réserve à les utiliser pour guérir des blessures, y compris chez les sportifs pourquoi pas. Dimanche, dans le Journal de 13h00 de France Inter, le professeur Yves Demarais, du Centre de santé de l’INSEP, institut national français du sport et de l’éducation physique, s’indignait d’un usage exprimé prioritairement chez les sportifs. « Le risque est grand que les athlètes détournent la technique de son objectif". Il pourraient l’utiliser pour acquérir de la masse musculaire, de la capacité respiratoire, pour renforcer les points faibles les tendons, les ligaments. "Là sur le plan éthique, on devrait clairement assimiler la pratique à du dopage ».
Toujours cette délicieuse incertitude du sport…
Christophe Blondeau
29 août, 2006 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)
