Les chevaux de la gloire
La réussite sportive se mesure à la puissance du destrier. Grosse limousine allemande pour le numéro un mondial de tennis, modeste char coréen pour Stanislas Wawrinka, qui vient de passer son permis de conduire. Le Vaudois en est très content, au point même qu’il roule avec.
Dans les convoyeurs attendent, Benoît Poolvorde voulait faire de son grand dadais de fils un champion du monde de l’ouverture de porte et ainsi gagner cette automobile qui lui permettait d’entrer dignement dans le 21e siècle.
« Les meilleurs sportifs du monde achètent des belles voitures (ce qui en dit long sur celle dans laquelle il roule aujourd’hui), des belles maisons, des belles montres .», Stanislas n’y pense pas trop, il reste concentré sur son tennis. Il n’y a plus beaucoup de voitures à gagner dans les tournois regrette le numéro deux suisse. Stan a été éliminé au premier tour de Monte-Carlo et repart au volant de sa coréenne.
Les chevaux de la gloire attendent.
Christophe Blondeau
24 avril, 2006 | Permalink
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Boonen, les couleurs de l’arc en ciel
Le prix d’un maillot arc en ciel sous le marteau du notaire. Le 4 avril à la Ferté-sous-Jouarre, le maillot de champion du monde remporté et porté en 1954 par Louison Bobet s’est vendu 11000 francs suisses. Un maillot en soie, Bobet ne supportait pas la laine, vendu au profit de l’institut Curie. Les lunettes en cuir de Géo Lefèvre, père du Tour de France ont trouvé preneur à 2500 francs suisses. Un vent de nostalgie soufflait dans la salle des ventes de la petite commune de Seine-et-Marne.
Ce même jour, dimanche 4 avril 2006, Tom Boonen, champion du monde 2005, remportait le Tour des Flandres. « Un sacré champion » s’égosille Bertrand Duboux. « Le Belge a de l’épaisseur. » relève Richard Chassot. Et chacun, spécialistes, amateurs, amoureux de la petite reine de retrouver avec ce champion l’image que l’on croyait à jamais perdu d’un cyclisme de classe.
Boonen incarne le renouveau après les années lunaires, une gueule, du muscle et de la tête ; un appétit qui n’est pas sans rappeler celui du cannibale, ou celui d’un autre grand Belge Roger de Vlaeminck, seul adversaire de l’incomparable Eddy Merckx ; un panache qui évoque d’autres grands noms mémorables, Coppi ou plus récemment Kelly ; une modestie et une gentillesse, marque des grands champions ; la désinvolture et l’innocence de ses 26 ans ; un parler franc et une morale sans concession face au cancer du peloton.
Boonen a gagné devant Johan Museeuw venu, en spectateur, fêter les 90 ans du Ronde, le Lion des Flandres, mort hier soir, abattu par son vétérinaire. Tom Boonen, lui, fait du vélo debout, on ne voudrait pas demain apprendre qu’il a salé la soupe. On rêve de beaux, grands champions sains. De ceux dont on souhaite, dans 50 ans, payer le maillot de champion du monde 11000 francs suisses au bénéfice de l’institut Curie.
Christophe Blondeau
3 avril, 2006 | Permalink
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