Le Blog de Christophe Blondeau
Le sport à la tv

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Le royaume des ombres du plaisir

Lafaille24 janvier 2006 : Bonjour. Ca y est, Jean-Christophe Lafaille a quitté le camp de base du Makalu pour monter en direction du sommet ! C’est la dernière nouvelle de l’alpiniste français, publiée sur son site, par son épouse Katia.

Depuis 4 jours, Lafaille est porté disparu, englouti par l’Himalaya. Jean-Christophe connaissait la mort. Il l’avait rencontré en octobre 1992 sur la face sud de l’Annapurna. Elle lui avait enlevé son compagnon de cordée et ami Pierre Béghin. Pendant 5 jours, il s’était battu pour regagner le monde des vivants. Il disait avoir payé cher cette première expérience himalayenne, il disait aussi en avoir hérité un surplus de vigilance. En 1993, il se lançait dans une quête d’absolu, les buts et la manière. Lafaille était un puriste lucide. Il voulait rejoindre le clan des « himalayistes », ce club très fermé des vainqueurs des 14 sommets de plus 8000 mètres. Méthodique, maniaque, entêté aussi, le petit bonhomme voulait accrocher toutes les étoiles de l’Himalaya, sans oxygène, en solitaire, par des voies nouvelles. Pas de demi mesures, Lafaille vivait pleinement une passion que lui avait transmise son père. Sa femme, Katia, ses enfants, Marie et Tom la vivaient avec lui.

Lafaille_2Tous trois connaissaient par cœur cette phrase écrite par Jean-Christophe à la page 100 de son livre, Prisonnier de l’Annapurna : « Les sanctions sont cruelles, insupportables, elles ne sont pas injustes. Elles font de l'alpinisme ce qu'il est: un royaume où, dans l'ombre du plaisir, sommeillent toujours quelques mauvaises surprises» . Ils la connaissaient et la redoutaient.

Christophe Blondeau

30 janvier, 2006 | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Le dopage c’est la santé

PantaniNe pas faire de sport c’est la conserver, la santé. Voici brièvement exposé la thèse défendue par Bengt Kayser, Alexandre Mauron et Andy Miah. Ce ne sont pas là, 3 farfelus, toxicomanes, directeurs sportifs d’équipes cyclistes, directeurs de laboratoire chimique, coaches de sprinters américains, non pas du tout, ce sont de grands scientifiques, respectivement professeur de physiologie et professeur de bioéthique à la faculté de médecine de l'université de Genève, pour le troisième larron, maître de conférences en médias, bioéthique et cyberculture à l'université de Paisley (Royaume-Uni), intellectuels dont la spécificité est qu’ils se prononcent en faveur de la légalisation du dopage.

Le débat n'est pas nouveau. L’armada des parasites (cités plus haut) qui se goinfrent sur les sportifs, comme autant d‘oiseaux piques bœufs sur le dos de l’hippopotame, ont fait de la carburation chimique un leitmotiv. Des mandarins leur apportent aujourd'hui leur soutien, (vous pouvez retrouver l’argumentaire dans l’émission « Écoutez-Voir ») , un piège grossier tendu par des apprentis sorciers. En quelques lignes : d’abord la lutte anti-dopage est trop chère et toujours en retard. La recherche des tricheurs les pousse à la clandestinité et à des expériences de dopages dangereuses. Le dopage scientifique permettrait de lutter efficacement contre le danger d’une pratique excessive du sport d’élite…Doper les sportifs sous contrôle médical permettrait de mieux évaluer les risques des différentes drogues administrées. Par des autopsies ? ? Enfin, le dopage peut équilibrer les potentialités. Que des prédispositions génétiques favorisent certains sportifs, scandalisent ces scientifiques. Lepen croit dur comme fer à l’inégalité des races devant la course à pied. Le docteur Mengele, avait conclu à l’examen de certaines mâchoires prélevées aux fosses d’Auschwitz, que la race aryenne étaient décidément bien supérieure à toute autre. Certaines études scientifiques nous démontrent aujourd’hui que certaines mâchoires feraient bien de la fermer.

Christophe Blondeau

23 janvier, 2006 | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Silence, on meurt

DakarJe ne devrais rien en dire. Dénoncer le Dakar, c’est faire de la publicité pour une des sauteries mécanisées les plus abjectes qui soit. En janvier 2005, après avoir copieusement vilipendé cette course poursuite où quelques privilégiés éventrent l’Afrique d’un sillon stérile, percutent la misère, la faim, la corruption, je formulai la promesse d’effacer les dunes et de chercher d’autres sources d’inspiration où abreuver ma colère, que cette source tarie du désert africain. Promesse de premier de l’an… La meute rugissante a prélevé son tribu, deux enfants africains et un pilote.

Je reviens dire mon écœurement de voir exposer si largement cette orgie vrombissante sur une chaîne de service public. Je relève au passage la duplicité de la félonne, qui, après avoir exploité le filon pendant 15 jours sur son antenne, conclue son aventure africaine sur son site internet, par cette phrase : « Après la mort du concurrent australien Andy Caldecott, et des deux enfants de 10 et 12 ans lors des dernières étapes, il est difficile de s’enthousiasmer... ».

Je dis mon mépris au vainqueur de cette édition. Mon dégoût profond à cet Alphand dans un magasin de porcelaine qui espérait, dans ses ultimes déclarations, que « ces morts ne gâcheraient pas la fête ». Sur son site, le quotidien l’ Équipe constate que, malgré les drames, l’édition se termine comme les précédentes. Sur la plage de Dakar « L’heure était plus à la fête qu’au recueillement ». Aujourd’hui, dans son éditorial, le journal sportif fustige ceux qui condamnent cette course funeste, simulacre d’aventure. Seuls les Africains seraient autorisés à donner leur avis sur la question.

À la TSR, nous n'avons pas diffusé une seule image du Dakar 2006 et nous n'avons pas demandé leur avis aux africains. Si on leur demandait leur avis, ils nous diraient peut-être que, la démocratie, la sécurité alimentaire, le développement durable figurent au rang de leurs préoccupations majeures avant la balade des rois mages, Gaspior, Bazar et Camarde.

Christophe Blondeau

13 janvier, 2006 | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack (0)