Le Blog de Christophe Blondeau
Le sport à la tv

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C’est du Frei tout caché

Après avoir purgé sa peine n’importe quel condamné a droit à l’oubli. Hors dans la nuit du football suisse, Alexander Frei, roi des buteurs du championnat de France, est élu, meilleur joueur suisse de l’année. Flonflon, chichis et falbala. Tu me parles d’un oubli. Frei est très heureux d’être fêté par les dirigeants de l’association suisse de football, il y a des gentlemen dans le monde du football. Avec 20 réalisations pour Rennes, Frei est très heureux d’être félicité par Pauletta. Il y a encore des gentlemen dans le monde du football. Frei est félicité par ses dirigeants, il y a des gentlemen… tout cet amour, ces honneurs chevaleresques, ça crache quelque chose.

Christophe Blondeau

27 mai, 2005 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Bâle est champion

Bale_championBâle est champion, les supporters sont des cons. Sacré le 11 mai dernier, Bâle termine le championnat en roue libre dans des matches sans enjeu. Dans sa coquille Saint-Jacques, le FCB fait la meilleure assistance du championnat de super league. Célébrons le public de Bâle, enthousiaste, et enflammé, un public dense avec des loups. Samedi dernier, Bâle affronte le FC Zurich au Hardturm. Bâle voyage avec des cars de chauves, rasés dessus, dégarnis dedans, des clubs de supporters fachos : « Observez comment un homme devient fasciste, à mesure que la partie souple de sa pensée se change en coquillage » (Alain), des fans fanatiques, empressés à casser, prompts à castagner, lestes à descendre des bibines, une bonne descente aux enfers. Au Hardturm, Bâle s’est fait fesser. Mais gagné ou perdu, quand le supporter se fait dessus, c’est perdu.

Heysel_29_mai_85Il y a tout juste 20 ans, 39 supporters sont morts au stade du Heysel, un rescapé italien du stade de Bruxelles, s’interrogeait alors en ces termes : « Je suis venu mourir à Bruxelles pour un match de foot. ». Le département des sports de la TSR reviendra sur ce tragique épisode de l’histoire du football à travers une émission qui voulait répondre à la question : « Le drame du Heysel a-t-il servi à quelque chose ? ». Une fois encore, les crétins confirment. On n’apprend rien de l’histoire, sinon que l’on n'appprend rien .

Christophe Blondeau


Le drame du Heysel a-t-il servi à quelque chose ?
Mardi 24 mai – TSR2 – 20h00
Présentation : Pierre-Alain Dupuis
Réalisation : Marc Bueler
Production : Alain Meury

22 mai, 2005 | Permalink | Commentaires (0)

L'UCI Pro Tour de passe-passe

« L’avenir du cyclisme est dans l’UCI Pro Tour ». Péremptoire, le patron de l’organe faîtier du vélo rivait son biclou à celui qui osait émettre le moindre doute sur son projet. 25 grands coursiers dans chacune des 20 meilleures équipes engagées dans les 27 meilleures courses. Les meilleurs coureurs dans les meilleures épreuves, une solide assise financière, cette révolution menait forcément au succès… L’œil avide du président pétillait, le verbe gourmand crépitait à l’oreille du jocrisse. L’Union Cycliste Internationale alléchait le chaland avec de la Ligue des Champions du cyclisme sur route, Verbruggen appâtait le sponsor avec des débouchés doubles à la petite reine et embouchait les trompettes de la renommée propres à séduire les politiques, narcisses assoiffés de visibilité télévisuelle et de notoriété. Tout ça c’était du gâteaux et tout le monde allait s’en bâfrer de bonnes tranches. Le premier bilan après un tour de piste s’étiole. La majorité des équipes est venu sur les classiques avec son effectif de réserve, les quelques cadors présents y sont venus, gagner et disparaître dans le néant (Di Luca, Boonen, … ) ou accumuler des kilomètres, préparant un objectif futur. L’intérêt du spectacle, hormis Paris Roubaix fut nul. « Croyez au Pro Tour et vous serez sauvés » clamait Hein Verbruggen. Le Tour de Romandie et le Tour de Suisse, dont on ne sait pas vraiment s’ils vivotent ou s’il crevotent, sont étranglés par les exigences de l’UCI… On ne voit pas très bien comment nos deux courses resteront dans l’élite. Les organisateurs du Tour de Romandie ont hébergé quelques campionissimi venus tester leur forme avant d’affronter le Giro, Tour des Italiens. Le Tour de Suisse, en fait de course, servira d’entraînement à quelques as, dont Ullrich, qui visent la seule compétition qui vaille, le Tour ! Armstrong se prépare au Dauphiné Libéré. L’intérêt sportif est maigrelet, le public ne s’y trompe pas et bâille d’ennui. Devant des audiences en chute libre, les commanditaires vont rechigner à engouffrer des sommes colossales, des budgets insensés qui torpillent les équipes qui oeuvrent largement à la formation des jeunes. En fait de ligue des champion, Hein Verbruggen a créé un cyclisme à deux régimes. La vélocité de l’un des deux le pousse droit dans le mur à vitesse excessive.

Christophe Blondeau

9 mai, 2005 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Dialogue de court

Suffocant, soufflant, crachant, les sportifs amateurs congestionnés s’effondrent de part et d’autre du filet. Chacun des adversaires repart avec le gain d’un set. Depuis dix ans que nous tabassons sans vergogne, sans méthode et sans art, un volant innocent, jamais l’un ne prit le dessus sur l’autre. Notre progression fut d’une égale médiocrité et la baisse de nos performances proportionnelle à l’augmentation de nos ages. Thusday is the bad day, le jour du badminton... un bon jour. Mardi est le jour du partage, un jour de confidences, toujours plus longues, sur nos petits ennuis, nos douleurs diffuses, nos élancements, nos contractures, contractions et élongations, l’énumération des peines et des maux que les quadra génèrent. Les handicaps que nous souffrons stoïquement sans l’once d’une plainte, jamais ! sans l’once d’une fausse excuse. Mardi est le jour des promesses, lorsque nous échauffant, nous nous engageons avec la plus parfaite hypocrisie à jouer avec prudence et retenue, un engagement de faux culs qui vole en éclat dès les premiers échanges. Hé ! hé ! hé! … je m’en vais te le mater… à droite, à gauche, court, long, cours mon gars. Prends ça ! Ah le salaud… J’en peux plus, j’ai perdu deux kilos. Lui aussi est occis, il ne respire plus… Tout à l’heure en fond de court il s’est fait mal dans le dos. Il se tient le côté, je le tiens. 2 points, je le finis, je l’achève, je l’anéantis, je le pulvérise. Nous quittons le champs de bataille, chacun au bénéfice d’un set, nos coups puissants n’ont point ébranlé notre gentleman's agreement, le surmenage de l’appareil locomoteur nous garantit tout juste des lendemains qui déchantent faits de crampes et de courbatures. Sous la douche, feignant le remord, l’un fourbe, l’autre retord, jurent, mais un peu tard, qu’on ne les y reprendra plus. Aujourd’hui c’est mardi, mon partenaire s’est défilé. Le traître se dérobe, le lâche, le veule. Remarquez, cette semaine ça m’arrange, je suis en délicatesse avec un genou récalcitrant, je ressens une petite tension tendineuse, comme une faiblesse à l’articulation, ... Y-a pas, le sport c’est bon pour la santé.

Christophe Blondeau

2 mai, 2005 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)