Le Blog de Christophe Blondeau
Le sport à la tv

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Chronique du Fabien et du mal

BarthezJe ne pensais pas un jour donner dans la chronique animalière. L’homme s’abaissant quelquefois au niveau de la bête, je condescends à tremper ma plume dans la fange qui bat les flancs d’une cage dont Fabien Barthez n’aurait pas du sortir. Barthez s’est récemment illustré dans la cage thoracique…Lors d’un match « amical », le portier de l’Olympique de Marseille à craché sur l’arbitre. « Quand Barthez fâché, lui toujours faire ainsi. », c’est ainsi que le capitaine Cradock s’est défendu devant la commission disciplinaire de sa fédération. Laquelle instance inflige au champion du Monde indélicat, champion d’Europe crapoteux, une peine de trois mois de suspension, quand bien même son règlement prévoit 6 mois incompressible pour un tel acte. Deux poids, deux mesures. La star de l’équipe de France peut se comporter comme le dernier des voyous, elle bénéficie sans vergogne de la clémence des dirigeants. Comment expliquer aux footballeurs du dimanche, le respect, le fair-play, la politesse, l’acceptation loyale des règles du jeu. Comment endiguer la violence ordinaire qui déferle sur les pelouses des ligues inférieures. Une sanction grotesque et scandaleuse pour la presse française, les arbitres crient au scandale, le ministre français des sports invite la FFF à revoir sa copie et voilà une levier de bouclier -de la ligue, de certains coéquipiers de Barthez dont Patrick Viera- contre cette ingérence politique insupportable. Il y a du courage à dénoncer la bassesse du sportif, l’indignité des instances, et l’abjection de ceux qui cautionnent cette mascarade. Trois mois de suspension, c’est pisser dans un violon, cracher en l’air. Les lois de Newton étant ce qu’elles sont, cracher en l’air, c’est s’exposer à recevoir en retour quelques glaires sur le sommet du crâne.

Christophe Blondeau

25 avril, 2005 | Permalink | Commentaires (1)

Le dernier coup de Lance

Armstrong_abandonne_paris_nice_10_mars_0_4Un dernier Tour et puis s’en va. Une chose est sûre, Lance Armstrong n’octuplera pas ses victoires dans la Grande Boucle. Il veut conclure en beauté, gravir en tête un septième ciel, dardant sur un peloton mi-fasciné, mi-dubitatif, les rayons meurtriers de ses roues exocet. Le tueur de l’asphalte, diplômé des cols des assassins, forçat du grand plateau, le chevalier sans cœur et sans reproche, qui égorgea à coups de 13 dents tant de rivaux, tordit sans trembler le cou à la rumeur, sanglote nostalgique sur les années perdues. Ces années que l’Américain passa à courir après la gloire, des années foutues à dépérir loin des enfants chéris, languissant de retrouver Sheryl.

-Où vas-tu papa ?
-Je vais à la guerre en Europe. Je vous rapporterai des cadeaux.

Mais les trois mômes en ont marre. Ils ont chacun 22 peluches du Crédit Lyonnais, 22 maillots jaunes. Faites les calcul : en dix participations au Tour de France, Papa Armstrong a enfilé 66 maillots jaunes et empoché autant de petit Lions.

Sa nouvelle fiancée rêve d’une autre lune de miel que 3500 kilomètres de Grande Boucle. Le star du rock n’a pas l’âme d’une Guenièvre filant et ravaudant des cuissards. Sheryl Crow ne passera pas l’été étuvée comme un pigeon dans un véhicule de la caravane, le nez dans le Cochonou, l’oreille farcie de coups de klaxon italiens et intempestifs. Armstrong transfiguré sur son Mont Thabor, se métamorphose en apôtre de la vie de famille, en un Roméo à l’eau de rose. La star du roc renvoie désormais l’image d’une figure romantique dégoulinante de douceur et de sucre, un amoureux exalté, pressé de se perdre dans les grandes boucles de la star du rock.

Lance a besoin d’amour. C’est que le Texan n’en a pas reçu beaucoup dans sa carrière. Ses amis dans le peloton se comptent sur les doigts de la main de Django Reinhardt. Parmi eux, Hammilton, tombé pour dopage sanguin, le bon docteur Ferrari, convaincu d’exercice illégale du métier de pharmacien. L’infatigable coursier fut plus craint que respecté, et ses performances resteront à jamais entachées d’un soupçon de doute. Armstrong n’est plus prêt à affronter ce seul col mythique qu'il n'a jamais franchi, la suspicion.

Chritophe Blondeau

19 avril, 2005 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Quatre mariages, un enterrement

L’un des 3 meilleurs amants d’Europe, disait-il sans rire. Le petit Napoléon de Martigny voulait le donner en mariage à sa danseuse. À l’été 2004, les deux parties scellaient les fiançailles. Dès lors, ils vécurent heureux, engrangèrent de nombreux points, essuyèrent quelques revers, mais le meilleur triomphait du pire. Jusqu’au printemps 2005 où le parâtre chassa son gendre devenu borgne, boiteux, manchot pour un point égaré. La danseuse, bon gré, mal gré, prit pour amant un bel Italien. Quelques jours plus tard, sur l’air de « Je t’aime moi non plus », le petit Napo rappelait le mari cocu, l’invitait à suivre les ébats de son étoile dans un curieux ménage à trois.

À Neuchâtel, après 45 ans de fusion, la femme du charcutier partit avec un fringant quadragénaire Français, deux ans d’idylle. L’épouse infidèle revit, se refit une santé. L’union mixte sembla réussir, mais c’était sans compter avec la famille de la mariée. Ca grognait sec dans le landernau, ça jasait, ça cognait dur sur le jeunot . Le patriarche consolait son chagrin au Café des amis. Le 28 avril, l’infidèle reviendra, peut-être, au bercail. La femme légère, repentante et honteuse de s’être abandonner au premier aventurier venu, regagnera le gîte. « Salope, le Pompon, il se faisait du mauvais sang. Tu repartiras pas Pomponette ? ».

Depuis 1999, il flirte avec la poule suprême. Se glisse dans son lit, pour en ressortir bien vite. Il monte, puis, flûte, redescend dans un vain va et vient. Cette année encore, il touche à l’Eden. Un couple sans lendemain, jeu de vilain.

Les filles à grognards sont à vendre. Deux, trois, quatre vieilles rosses de souvenirs présentées comme fringantes jouvencelles qu’il faudrait unir au même destin. Quatre épouses unies à un mari en une manière de harem globe-trotter. Aujourd’hui, les danseuses sont marries.

Christophe Blondeau

11 avril, 2005 | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack (0)

La vieille dame du nord

Musseew_et_hincapie_ds_paris_roubaix_02On ne sait jamais comment elle sera vêtue la « pascale ». Loquée de haillons détrempés, ruisselante de gadoue, crépie à la chaud et froid, ou rêche dans ses guenilles râpeuses comme une robe de bure sur un corps maltraité de forçat de la route, elle pourrit de toute façon le printemps du pack cycliste. Secoués, malmenés, les coureurs vont se bâfrer des nuages de poussière, des litres de gadouille. De sillons en fossés, de mamelons en collines, la famille de la couronne visite aux Rameaux cette vieille acariâtre pavée de mauvaises intentions. La vieille dame du Nord a subi cette année l’ablation de la tranchée de Wallers-Arenberg, mais le peloton « maso…schiste », solide comme le roc, va tout de même dimanche secouer sa peur de choir dans un rodéo où tout tremble. D’ailleurs avec ou sans cette « drève des boules d’Hérin », Paris Roubaix demeure l’enfer, la drève du zèle depuis plus de cent ans. Au bout du chemin de caillasse, sur un anneau antique, un seul des tragédiens va cueillir un galet de gloire éphémère.Magnus_backstedt_win_paris_roubaix_04
Le héros, parmi tant harassés et fourbus, soulèvera le trophée, posera un baiser sur la pierre froide. Une bravade, le baiser de la victime vaillante et consentante à son tortionnaire vaincu.

Christophe Blondeau

4 avril, 2005 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack (0)