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Le Blog de Christophe Blondeau
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| décembre 2004 »
Cocoricoterie ou cocoriconneries.
Les cocoriconeries se multiplient, dans les tribunes et plus grave, sur les pelouses. Les comptes rendus de la ligue des champions et des derniers matches nationaux en attestent, les racistes sont partout, à Blackburn, à Rome, Madrid, ou au Neufeld, … Les cocoriconnards insultent avant tout l’adversaire : Chapuisat a aimablement qualifié l’Helvético-Bosniaque Selver Hodzic, de Yougo de merde. L’attaquant camerounais Pierre Boya, (partizan de Belgrade), l'attaquant néerlandais de Chelsea, Jimmy Floyd Hasselbaink, les défenseurs brésiliens de Leverkusen Roque Junior et Juan, tous insultés, l'attaquant trinidadien de Birmingham Dwight, pris à partie par des supporteurs locaux… le sélectionneur espagnol de football, Luis Aragones, poursuivi pour des déclarations « polémiques ». Luis Aragones, lors d'un dérapage verbal précédent avait qualifié l'international français Thierry Henry (Arsenal) de « negro de mierda ». Mais il arrive que les amateurs de balles populistes cocoriconspuent leur propre camp. Le footballeur ghanéen Anthony Yeboah a vu changer son statut au fur et à mesure des buts qu’il marquait pour son équipe, jusqu’à devenir un cocoricoéquipier. Même dans les ligues inférieures, la gangrène du racisme ordinaire se développe. Les joueurs du FC Haren, âgés de 14 à 16 ans, ont récemment salué leur victoire sur le Maccabi Bruxelles par un retentissant : « Pour Hitler, hip hip hourra! ». Y a des coups de pied au cocoricoccyx qui se perdent. Culture de masse, en tant que spectacle ou comme pratique, le sport est un miroir de notre société. La haine de l’autre s’alimente à la source nationaliste et cocardière, à la source politique et religieuse, elle tête au pis de l’économie. On est toujours le bicot de quelqu’un et il y a toujours un bougnoul à qui faire porter le chapeau, de nos frustrations, de nos défaites et de nos petites et grandes lâchetés. En ces temps qui rappellent vaguement l’Europe de 1936, le sport symbole de l’amitié entre les peuples, cocoricocufié par des acteurs sans morale et par des supporteurs abrutis, se meurt au champ du cocoricobra d’honneur.
28 novembre, 2004 | Permalink
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Les héros du pain quotidien
Salut à toi, héros du pain quotidien. De retour de ton turbin bien sage, tu poses ton cul sur ta chaise et attend que soit servi le dîner, ton oeil bienveillant sur ta femme et tes enfants, et un regard lourd de reproche sur celui qui a choisi un autre chemin que le tien . Salut à toi qui défend avec vigueur dans le courrier des lecteurs de la « Julie » combien « il me semble qu’il est grand temps de cesser de parler de Mike Horn, un bonhomme qui peut passer vingt mois sans voir ses enfants, un bonhomme qui peut abandonner sa femme, pendant vingt mois. » Et de nous inviter à célébrer les vrais héros, les humbles dont les vies sont dures, "les parents qui sont de vrais parents, pas des lâches." Mike Horn a réalisé ce que tu ne réaliseras jamais, héros du train-train quotidien. Il a vaincu ses peurs. Il s’est réchauffé à la pensée émue des absents. Sa femme et ses enfants se sont nourris de cette séparation, ils ont grandi, et forci dans cette épreuve. Mike Horn a repoussé ses limites d’homme. Il a été fouillé dans son corps et dans son âme plus profond, que tu n’iras jamais dans ta mine de charbon, sous la contrainte de tes interdits, le diktat de tes principes, les injonctions de ton éducation, de ta culture. Il a sauté les barrières que tu n’as jamais approchées. Il a emmené ses enfants dans des espaces imaginaires qui valent mieux que ceux de Philéas Fogg. Ils nous a donné du rêve, à tous. Il a fait des envieux, des jaloux,… qui sait ?
19 novembre, 2004 | Permalink
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Perdre l'ouïe
Ah non! Je ne veux pas perdre Louis, c'est un copain. Ding-dong ! Dis donc Andy, ça sonne à la porte de l'UCI pro tour et je crois bien que malgré ton budget et tes vedettes sous perfusion, tu vas rester en rade. Phonak est sang dessus dessous, son encadrement perd ses sens. Faut avoir le pif bouché à l'émeri, pour ne pas sentir à quel point, le dopage n'est plus en odeur de sainteté, combien sa pratique n'est pas flair play. Faut bougrement souffrir des mirettes, avoir les châsses en rideau pour n'avoir pas vu venir la grande chasse de Saint-Hubert de Verbruggen. Phonak souffre aussi d'un toucher défficient avec son faux air de ne pas y toucher. On touche et on palpe, mais le sens tactile des dirigeants de l'équipe suisse semble affecté d'un rhumatisme déformant. Faut tout de même être foutrement tordu pour aller chercher des vices de forme dans les procédures de contrôle. Enfin, le comble pour un marchand de prothèses auditives, faut tout de même être sacrément dur de la feuille pour ne pas avoir entendu les avertissements multiples, du CIO, de l'UCI, de l'opinion publique, de la presse... On n'en veut plus! Vous êtes en train de nous faire perdre le goût. Le goût de ce sport que nous aimons, qui nous a fait rêver et qui aujourd’hui nous fait gerber.
12 novembre, 2004 | Permalink
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tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.