Week-end pluvieux, envie de culture ? Avec nos collègues du Temps nous vous proposons depuis cette semaine un agenda culturel interactif qui devrait vous aider à mieux trouver votre cheminement dans ce paysage foisonnant qui s'offre aux Romands. Au menu, des critiques bien sûr mais également des bandes-annonces, des extraits de nos émissions, un guide pratique, une offre de billetterie et même un système de cartographie pour ne pas vous égarer dans les dédales de cette offre culturelle souvent protéiforme. Bonne sortie !
On se presse aux portillons du journalisme participatif. "Le Monde" lance un projet prometteur baptisé "Post", un journal en ligne qui lance un appel aux citoyens reporters pour redéfinir la création d'information. Un projet qui s'ajoute à une longue liste d'initiatives annoncées ces dernières semaines. Comme par exemple, BiblioObs le nouveau site communautaire consacré aux monde du livre du magazine Nouvel Observateur. Ou, plus orginal, le site en ligne des ex de Libération, "Rue89". A la lecture de ses quotidiens d'un nouveau genre, on reste encore sur sa faim mais nul doute que la bousculade ne fait que commencer.
Faut-il ricaner une fois de plus en observant les efforts désespérés des grands de l'électronique qui tentent flop après flop de réinventer le livre sous forme électronique ? On se souvient des échecs successifs de Rocketbook, Softbook ou encore du Reader de Sony. Le fait que deux poids lourds de l'Internet parient sur une modification en profondeur des habitudes de lecture va-t-il changer la donne ? A voir. Deux géants se font face : il y a d'abord la librairie en ligne Amazon qui lance le "Kindle". Moyennant une dépense d'au moins 500 francs cet appareil se connecte, sans fil, pour télécharger des livres et des journaux. Il y a ensuite l'inévitable Google qui cherche visiblement à rentabiliser son prodigieux effort de digitalisation des grandes bibliothèques de la planète en proposant à la vente ses textes en ligne. On peut faire la moue face à ces efforts renouvelés mais une chose est sûre : ses petites tablettes électroniques mobiles et connectées à Internet se multiplient. Rien que cette semaine, le gourou d'Appel vient d'en faire la démonstration avec le lancement du "iPod Touch". Ces petites choses se multiplient dans notre univers et finiront par avoir un réel impact. Les imprimeurs devraient s'inquiéter et les forêts se réjouir.
De l'organisation de ses voyages, à la gestion de ses économies en bourse en passant par la création de son album de photos de vacances ou la compilation d'une nouvelle discothèque plus personne n'ignore qu'Internet a bouleversé la vie des consommateurs. Cet été le talentueux agitateur d'idées Xavier Comtesse a publié une étude qui met utilement en lumière l'arrivée de cette nouvelle race de "consom-acteurs". A lire "Economie directe" on comprend mieux pourquoi cette révolution qui consiste pour les entreprises à transférer des parties toujours plus complexes de leurs activités sur leurs clients est un bouleversement qui n'épargnera aucun secteur. Loisirs, banques, ventes, médias, gouvernements: tous glissent toujours plus rapidement d'un monde où le consommateur était un client passif vers un univers où la connaissance, le savoir-faire, le choix est désormais entre les mains de l'usager. Une évolution dont on mesure l'étonnante rapidité à la lecture de ce livre. Un seul doute en tournant la dernière page : dans ce nouveau monde, un livre décrivant si bien ces nouveaux modes collaboratifs ne devrait-il pas être écrit avec ses lecteurs.... ?
Histoire de renouveler le journalisme politique l'Hebdo se met au lit avec les candidats aux élections fédérales de cet automne. Armé d'un blog et d'une bonne dose de bonne humeur les journaliste s'invitent dans le quotidien des politiciens et surfent d'un domicile à l'autre pour nous parler des coulisses des campagnes électorales helvétiques. Après le Bondy Blog et les banlieues françaises, voici une nouvelle aventure journalistique baptisée Blog & Breakfast. Et Ringier n'en finit plus d'innover du côté des chemins numériques. Leur journal gratuit Heute s'offre une vie sur Internet avec une proposition un peu vertigineuse pour un éditeur encore largement dépendant de la publicité payante : sur la version en ligne de Heute vous pouvez y mettre toutes vos annonces.... gratuites. Une nouvelle philosophie qui doit ressembler à quelque chose comme "cannibalisons avant d'être cannibalisé". A propos de cannibales Ringier annonce également que son magazine économique hebdomadaire Cash suspend sa parution à partir de juin. Ne subsistera plus que la version électronique et gratuite. On vous le disait: vertigineux changement du côté de la presse écrite.
Il va devenir de plus en plus difficile de faire la différence entre un journal et une TV. Visionnez plutôt ce protoype récemment dévoilé par les laboratoires Sony (les fameux écrans OLED). Un véritable écran TV que l'on peut rouler sous son bras. Qui a dit que la convergence était un mirage ?
Dans le torrent quotidien des informations, il y a parfois des gouttes d'eau que l'on déguste de manière distraite alors qu'elles sont annonciatrices de tempêtes programmées. Prenez cette enquête récemment publiée qui nous annonce que les 3/4 des Suisses cherchent un emploi en priorité sur Internet. Le web avant la presse ? Une info inimaginable il y a 24 ou 36 mois ! Des pans entiers d'activités lucratives réservées jusqu'ici aux médias disparaissent sous nos yeux. Et avec quelle rapidité ! Les éditeurs semblent comprendre le message. Cette semaine c'est Ringier qui lance à Zürich « Cash daily », un nouveau gratuit à couleur économique qui se veut avant tout un véhicule promotionnel pour mieux canaliser le public vers un site web qui se veut résolument multimédia avec plusieurs équipes TV. Une manière de tenter d'accrocher l'intérêt des nouvelles générations de lecteurs mais aussi et surtout d'annonceurs. Ringier ne s'arrête pas là puisqu'un projet d'Hebdo 2.0 gratuit et multimédia pourrait bientôt sortir des cartons. En face Edipresse se branche également à nouveau sur le réseau avec la relance annoncée cet automne du Matin en ligne avec son petit frère Le Matin Bleu et surtout un projet ambitieux de plate-forme régional d’informations et de services pour 24 Heures et la Tribune de Genève. Nul doute que ces Suisses qui consultent désormais leurs annonces sur le web poussent les éditeurs à se réveiller.
S'il fallait une démonstration du pouvoir grandissant de la blogoshère, l'affaire Cailler pourrait se transformer en symbole. Alors que la plupart des médias célébraient le repositionnement de la marque de chocolat sous l'habile direction de Nelly Wenger, le public semblait nettement plus partagé. Le mouvement d'humeur face aux coûteux emballages créés par Jean Nouvel a fini par se cristalliser autour d'un blog anonyme. Un espace qui prétend, par ailleurs, réunir les messages de salariés mécontents de la nouvelle direction. Rapidement repris par la presse régionale, enrichi par des enquêtes qui semblent montrer un effondrement des ventes de ce chocolat "new look", "l'affaire Cailler" est l'exemple même de l'utilisation des nouveaux médias qui font entendre des voix souvent étouffées par les discours convenus. En l'occurrence, Nelly Wenger bénéficiait du regard souvent complaisant de la classe médiatique. La facilité de publication de l'outil blog fait éclater une communication que les entreprises auront toujours plus de peine à maîtriser. Nestlé pourrait bien avoir de la peine à digérer ce nouveau chocolat car comme le rappelle un internaute qui commente l'affaire en rappelant une métaphore oubliée: "dire des méchancetés ça peut cailler sur le jabot".
Actualisation: à lire la presse de ce dimanche l'effet blog ne fait que commencer. Les réactions de Nelly Wenger et ceux du blogueur anonyme.
Épiphénomène ou changement de cap majeur ? Les signes de renouveau s'amoncellent du côté des éditeurs de presse écrite. Le Suisse Ringier vient d'annoncer le lancement du journal économique Cash en version quotidienne gratuite (c'est la mode) mais surtout multimédia (reportage à visionner ici). Après avoir "tiré la prise" sur les nouveaux médias au début de la décennie, le numéro un de l'édition suisse contre-attaque. Il n'est pas seul. Sous l'impulsion d'Edipresse, la Romandie s'agite également. La concurrence de "20 minutes" et la dégradation incessante du marché publicitaire pousse la famille Lamunière a imaginer les journaux du futur. Du côté de 24 Heures et de la Tribune de Genève, les réflexions stratégiques se multiplient et les "gorges profondes" nous annoncent l'avènement prochaine d'une plate-forme de contenu dont la version papier ne serait qu'une des chaînes de distribution du contenu au côté du web ou du mobile. Bref, comme le répète urbi et orbi le vénérable Rupert Murdoch, du haut de ses 75 ans et de son empire médiatique mondial, la "pouvoir s'éloigne rapidement des vieux médias. Une nouvelle génération demande autre chose". Signe des temps, le "vieux lion" devenu un véritable évangéliste du web, vient de racheter la célèbre communauté MySpace.com, une piste à suivre dans le long feuilleton vers le papier digital.
Guerre des blogs sur le front des médias romands: attaque préventive avant l'arrivée du nouveau gratuit "20 Minutes", le Matin Bleu a lancé Bleublog.ch en début de semaine. Une plate-forme où tout un chacun peut créer son carnet personnel sur Internet en quelques clics de souris. Enjeu de cette bataille: créer une communauté virtuelle suffisamment populaire pour intéresser les annonceurs mais également pour réunir les contenus les plus pertinents de la blogoshère romande. Le Matin Bleu n'y va d'ailleurs pas quatre chemins en expliquant à ces clients que les contributions des internautes pourront servir à nourrir leur journal. "20 Minutes" ne manquera pas de répliquer avec un site annoncé comme "ambitieux". Des initiatives qui vont rendre la blogosphère romande très occupée. Rappelons pour mémoire que L'Hebdo multiplie les initiatives sur ce front et que Romandie.com n'est pas en reste.
L'occasion fait le larron: deux organismes se battent désormais pour récompenser les meilleurs blogs helvétiques: rendez-vous sur Souris d'or ou Swiss blog awards pour les départager.
Depuis plus de trois mois l'Hebdo poursuit son excellente opération "Bondy Blog". Installé dans la banlieue parisienne, les journalistes se succèdent sur place pour faire la chronique des rues, loin des élites parisiennes. Cette semaine, c'est Alain Jeannet, le réd en chef qui s'y colle. Cette aventure représente une très belle démonstration de ce que le blog peut apporter au journalisme: flexibilité, interactivité, réactivité. L'Hebdo l'a bien compris: depuis peu, plusieurs signatures de l'hebdomadaire font exister le magazine au quotidien (Jacques Pilet, le père historique, va s'y mettre aussi). Une manière de mieux préparer l'inéluctable mutation de la presse écrite. La dimension participative de ce journalisme de demain n'est pas oublié: cette semaine l'Hebdo réunit à Lausanne une "école des blogeurs" pour former tous ceux qui prendront la relève du "Bondy Blog". Belle idée.
Pour voir la France d'en-bas, l'Hebdo s'est installé depuis quelques semaines à Bondy dans la banlieue parisienne. Semaines après semaines les 25 journalistes de la rédaction se relaient et alimentent un blog passionnant. Expérience suivie de prêt par la presse parisienne. Tout allait bien dans ce micro bureau jusqu'à l'agression d'un journaliste dimanche soir. Un événement qui a soudain rendu encore plus réel les maux français qui minent les cités abandonnées. Décryptage par Libé. Mauvais coup mais une expérience blog qui ne fait que commencer avec l'annonce pour janvier prochain du lancement d'une vaste plate-forme destinée à donner la parole aux lecteurs.
La civilisation sans papier n'est pas pour demain. Les acteurs du monde virtuel sont les premiers à noircir des feuilles blanches. Jugez plutôt cette moisson "d'arbres morts" récoltée en quelques jours: il y a d'abord Pointblog, le magazine du blogging qui annonce un mensuel vendu en kiosque. Du côté des carnets de bords virtuels il y a également Loïc Le Meur l'un des grands porte-parole du blog européen qui s'est converti au papier. Chez les partisans des journaux en ligne, les héros du web choisissent également de coucher leurs réflexions sur des bouquins: lisez à ce propos l'excellent essai intitulé Une presse sans Gutenberg, écrit par les concepteurs du monde.fr. Et puis, n'oublions pas tous ces sites Internet qui naissent sur le web et finissent en pâte à papier comme ce portail immobilier suisse transformé en magazine. Mais attention, pas de procès douteux: tous ceux qui annonçaient la fin de la civilisation du papier avait bien sûr tort. Il n'est cependant pas certain que les héros du monde virtuel aient tout faux.
Les ados passionnés par les blogs ? Phénomène connu. Voici la deuxième vague. Toujours plus nombreuses des voix nouvelles sont à lire, écouter ou voir sur la Toile romande. Même si la visibilité de ces nouveaux acteurs est encore modeste, l'air de rien, ce phénomène n'a pas fini de bousculer le monde des idées. Journalistes, ex-journalistes, experts en tout genre ou simple citoyen, ils ont une opinion et veulent le faire savoir. Ils tiennent un blog et expriment un point de vue jour après jour sur leur "journal". Peu à peu ces opinions ne sont plus réservées aux modes de publications traditionnelles (presse-radio-TV). Un peu moins besoin d'imprimeurs ou de radios ou telediffuseurs, voici venu les débuts de l'ère du média personnel. Petits florilèges romands : il y a un journaliste en lutte contre le néo-conformisme, un ancien patron de l'info à la TV un peu désillusionné par le métier, un militaire de carrière qui touille avec sa baionnette affûtée "l'infosphère", un pro de la pub, un socialiste éclairé et bien informé, un chercheur spécialisé dans l'interaction homme-machine ou encore un excellent connaisseur du web, n'oublions pas non plus, permettez une page de promo, une star de la TV. Liste non exhaustive, bien sûr. Vous êtes les bienvenus à allonger le hit-parade de ces nouvelles voix qui se font entendre en Suisse romande. Vous dites: de quoi faire un nouveau média ? Bonne question.
La ritournelle ne s'entend plus, désormais tout le monde admet que le papier ne va pas disparaître du jour au lendemain. En revanche a-t-on bien mesuré à quel point la presse et le monde du livre seront influencés par l'univers digital ? Prenez l'exemple du désormais célèbre Loïc le Meur, l'un des pionniers du blog en France. Comme il se doit pour mieux expliquer le phénomène des blogs il a décidé d'écrire un... livre. Mais il ne se contente pas de réféchir dans son coin. Semaine après semaine Loïc Le Meur soumet en ligne les diverses sections de son livre afin que les internautes le nourrissent de feed-backs. A livre cette conversation digitale nul doute que son livre s'en trouvera enrichi. Certains journaux ont d'ailleurs compris tout le parti qu'il pouvait tirer de ces discussions en ligne. Le Washington Post, par exemple, propose une liste des blogs qui discutent de tel ou tel articles publiés dans l'édition du jour. Radio et TV n'échappent également pas à cette évolution. Visionnez plutôt ce reportage sur ces supporters qui s'emparent d'un évènement sportif pour proposer leur propre "journalisme partisan". Comme l'explique Dan Gillmor, l'un des obervateurs les plus avisés de ce phénomène dans le blog qui prolonge son... livre : les nouveaux médias transforment une information en conversation.
tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.
Bernard Rappaz. Rédacteur en chef de TSR multimédia.