Difficile de crier victoire dans l'affaire UBS (voir ici notre dossier complet). Une fois de plus la Suisse officielle tire du bourbier cette banque au prétexte que nous n'avons pas d'autres choix. Sortir à nouveau de l'ornière une banque qui a poussé ses clients à frauder le fisc, voilà qui laisse un goût amer. Commentaire :
Pour ses 175 ans le groupe Ringier se paie un laboratoire des nouveaux médias. A l'image de celui de la BBC ou du New York Times, le géant des médias helvétiques réunit quelques forces pour imaginer les journaux du futur. Avec, au cœur de cette expérience, une question que tout le monde se pose : en ces temps de bouleversements annoncés comment mieux faire travailler ensemble les journalistes et les experts en nouveaux médias ?
Week-end pluvieux, envie de culture ? Avec nos collègues du Temps nous vous proposons depuis cette semaine un agenda culturel interactif qui devrait vous aider à mieux trouver votre cheminement dans ce paysage foisonnant qui s'offre aux Romands. Au menu, des critiques bien sûr mais également des bandes-annonces, des extraits de nos émissions, un guide pratique, une offre de billetterie et même un système de cartographie pour ne pas vous égarer dans les dédales de cette offre culturelle souvent protéiforme. Bonne sortie !
On se presse aux portillons du journalisme participatif. "Le Monde" lance un projet prometteur baptisé "Post", un journal en ligne qui lance un appel aux citoyens reporters pour redéfinir la création d'information. Un projet qui s'ajoute à une longue liste d'initiatives annoncées ces dernières semaines. Comme par exemple, BiblioObs le nouveau site communautaire consacré aux monde du livre du magazine Nouvel Observateur. Ou, plus orginal, le site en ligne des ex de Libération, "Rue89". A la lecture de ses quotidiens d'un nouveau genre, on reste encore sur sa faim mais nul doute que la bousculade ne fait que commencer.
Faut-il ricaner une fois de plus en observant les efforts désespérés des grands de l'électronique qui tentent flop après flop de réinventer le livre sous forme électronique ? On se souvient des échecs successifs de Rocketbook, Softbook ou encore du Reader de Sony. Le fait que deux poids lourds de l'Internet parient sur une modification en profondeur des habitudes de lecture va-t-il changer la donne ? A voir. Deux géants se font face : il y a d'abord la librairie en ligne Amazon qui lance le "Kindle". Moyennant une dépense d'au moins 500 francs cet appareil se connecte, sans fil, pour télécharger des livres et des journaux. Il y a ensuite l'inévitable Google qui cherche visiblement à rentabiliser son prodigieux effort de digitalisation des grandes bibliothèques de la planète en proposant à la vente ses textes en ligne. On peut faire la moue face à ces efforts renouvelés mais une chose est sûre : ses petites tablettes électroniques mobiles et connectées à Internet se multiplient. Rien que cette semaine, le gourou d'Appel vient d'en faire la démonstration avec le lancement du "iPod Touch". Ces petites choses se multiplient dans notre univers et finiront par avoir un réel impact. Les imprimeurs devraient s'inquiéter et les forêts se réjouir.
De l'organisation de ses voyages, à la gestion de ses économies en bourse en passant par la création de son album de photos de vacances ou la compilation d'une nouvelle discothèque plus personne n'ignore qu'Internet a bouleversé la vie des consommateurs. Cet été le talentueux agitateur d'idées Xavier Comtesse a publié une étude qui met utilement en lumière l'arrivée de cette nouvelle race de "consom-acteurs". A lire "Economie directe" on comprend mieux pourquoi cette révolution qui consiste pour les entreprises à transférer des parties toujours plus complexes de leurs activités sur leurs clients est un bouleversement qui n'épargnera aucun secteur. Loisirs, banques, ventes, médias, gouvernements: tous glissent toujours plus rapidement d'un monde où le consommateur était un client passif vers un univers où la connaissance, le savoir-faire, le choix est désormais entre les mains de l'usager. Une évolution dont on mesure l'étonnante rapidité à la lecture de ce livre. Un seul doute en tournant la dernière page : dans ce nouveau monde, un livre décrivant si bien ces nouveaux modes collaboratifs ne devrait-il pas être écrit avec ses lecteurs.... ?
Histoire de renouveler le journalisme politique l'Hebdo se met au lit avec les candidats aux élections fédérales de cet automne. Armé d'un blog et d'une bonne dose de bonne humeur les journaliste s'invitent dans le quotidien des politiciens et surfent d'un domicile à l'autre pour nous parler des coulisses des campagnes électorales helvétiques. Après le Bondy Blog et les banlieues françaises, voici une nouvelle aventure journalistique baptisée Blog & Breakfast. Et Ringier n'en finit plus d'innover du côté des chemins numériques. Leur journal gratuit Heute s'offre une vie sur Internet avec une proposition un peu vertigineuse pour un éditeur encore largement dépendant de la publicité payante : sur la version en ligne de Heute vous pouvez y mettre toutes vos annonces.... gratuites. Une nouvelle philosophie qui doit ressembler à quelque chose comme "cannibalisons avant d'être cannibalisé". A propos de cannibales Ringier annonce également que son magazine économique hebdomadaire Cash suspend sa parution à partir de juin. Ne subsistera plus que la version électronique et gratuite. On vous le disait: vertigineux changement du côté de la presse écrite.
Il va devenir de plus en plus difficile de faire la différence entre un journal et une TV. Visionnez plutôt ce protoype récemment dévoilé par les laboratoires Sony (les fameux écrans OLED). Un véritable écran TV que l'on peut rouler sous son bras. Qui a dit que la convergence était un mirage ?
Dans le torrent quotidien des informations, il y a parfois des gouttes d'eau que l'on déguste de manière distraite alors qu'elles sont annonciatrices de tempêtes programmées. Prenez cette enquête récemment publiée qui nous annonce que les 3/4 des Suisses cherchent un emploi en priorité sur Internet. Le web avant la presse ? Une info inimaginable il y a 24 ou 36 mois ! Des pans entiers d'activités lucratives réservées jusqu'ici aux médias disparaissent sous nos yeux. Et avec quelle rapidité ! Les éditeurs semblent comprendre le message. Cette semaine c'est Ringier qui lance à Zürich « Cash daily », un nouveau gratuit à couleur économique qui se veut avant tout un véhicule promotionnel pour mieux canaliser le public vers un site web qui se veut résolument multimédia avec plusieurs équipes TV. Une manière de tenter d'accrocher l'intérêt des nouvelles générations de lecteurs mais aussi et surtout d'annonceurs. Ringier ne s'arrête pas là puisqu'un projet d'Hebdo 2.0 gratuit et multimédia pourrait bientôt sortir des cartons. En face Edipresse se branche également à nouveau sur le réseau avec la relance annoncée cet automne du Matin en ligne avec son petit frère Le Matin Bleu et surtout un projet ambitieux de plate-forme régional d’informations et de services pour 24 Heures et la Tribune de Genève. Nul doute que ces Suisses qui consultent désormais leurs annonces sur le web poussent les éditeurs à se réveiller.
S'il fallait une démonstration du pouvoir grandissant de la blogoshère, l'affaire Cailler pourrait se transformer en symbole. Alors que la plupart des médias célébraient le repositionnement de la marque de chocolat sous l'habile direction de Nelly Wenger, le public semblait nettement plus partagé. Le mouvement d'humeur face aux coûteux emballages créés par Jean Nouvel a fini par se cristalliser autour d'un blog anonyme. Un espace qui prétend, par ailleurs, réunir les messages de salariés mécontents de la nouvelle direction. Rapidement repris par la presse régionale, enrichi par des enquêtes qui semblent montrer un effondrement des ventes de ce chocolat "new look", "l'affaire Cailler" est l'exemple même de l'utilisation des nouveaux médias qui font entendre des voix souvent étouffées par les discours convenus. En l'occurrence, Nelly Wenger bénéficiait du regard souvent complaisant de la classe médiatique. La facilité de publication de l'outil blog fait éclater une communication que les entreprises auront toujours plus de peine à maîtriser. Nestlé pourrait bien avoir de la peine à digérer ce nouveau chocolat car comme le rappelle un internaute qui commente l'affaire en rappelant une métaphore oubliée: "dire des méchancetés ça peut cailler sur le jabot".
Actualisation: à lire la presse de ce dimanche l'effet blog ne fait que commencer. Les réactions de Nelly Wenger et ceux du blogueur anonyme.
tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.
La chronique de Bernard Rappaz, rédacteur en chef Actualité TSR.