En 2004 Pierre Assouline ouvre un blog intitulé "la République des livres". Ce salon littéraire d'un nouveau genre s'impose rapidement comme l'un des principaux lieux de conversation sur la toile française. Quatre ans plus tard, Pierre Assouline sélectionne parmi les 150'000 commentaires (!) générés par son blog, 600 notes qu'il publie dans un livre intitulé "Brèves de blog". Naissance d'une nouvelle relation entre auteurs et lecteurs:
Au sommaire de Géopolitis cette semaine : les dictateurs de la planète. Quant à Nouvo, la rédaction s'est intéressée entre autres sujets aux fruits du futur.
A l'heure du chaos financier, un éditeur suisse s'apprête à publier les réflexions d'un criminel sur les dangers de notre société débordée par la technologie. Pas n'importe quel criminel, puisqu'il s'agit d'Unabomber, ce "terroriste" américain qui a, jadis, défrayé la chronique en exigeant, à coup de lettres piégées, la publication de son manifeste dans les principaux journaux américains. L'éditeur de Vevey Slobodan Despot se doute évidemment de la polémique que va provoquer la publication de ces mémoires "exclusives". Mais il sait aussi que ce livre intitulé "L'effondrement du système technologique" est l'essai d'un brillant polémiste, mathématicien ayant fréquenté les meilleures universités du pays et convaincu que seules des méthodes radicales mettront à nouveau le monde sur le droit chemin. Polémique assurée mais lecture troublante, à l'heure où les banques sont accusées de déstabiliser l'économie avec des technologies financières irresponsables. (A ce propos ne manquez pas également l'analyse du philosophe Paul Virilio qui considère que la crise financière est l'exemple de "l'accident intégral").
L'affaire est dans le sac. On se souviendra de l'année 2008 comme celle du retour de l'Etat. Sur tous les fronts. Après des décennies de "moins d'Etat", ce sont les cris effarouchés des banquiers réclamant à corps et à cris l'intervention de la Mère Patrie qui annonce cette rupture. La vague de nationalisation du secteur financier qui va se produire cette semaine en Europe scellera définitivement ce changement idéologique. On nous promet un "retour de l'Etat" temporaire. Pas sûr. Le dégoût des petits épargnants risque de faire des dégâts. Mais en 2008, ce retour en force des gouvernements ne date pas de la crise financière de ces derniers jours. Pensez à la Russie, par exemple, avec sa politique de nationalisation du secteur de l'énergie. Histoire de mieux maîtriser les outils qui permettent de faire pression sur la Géorgie, l'Urkraine et au-delà toue l'Europe. Ou, mieux encore, la Chine. Avec son économie de marché tenue par les caciques du parti communiste ! Avec l'effondrement du système financier modèle anglo-saxo, il y a fort à parier que le gouvernement chinois soit renforcé dans l'idée que le capitalisme autoritaire est la meilleure solution pour l'avenir. Décidément, les partisans du "moins d'Etat" pourraient bien avoir encore des surprises. Lire à ce sujet l'excellent livre de James Mann ou visionner sur les défis de l'actualité immédiate l'interview du prix Nobel de l'économie Joseph Stiglitz. Et enfin suivez cette semaine de tous les dangers sur notre dossier consacré au séisme boursier.
A l'heure où l'Amérique semble toucher le fond (voir notre dossier sur la crise financière), la TSR va prendre cette semaine le pouls de l'Amérique profonde. Une série de reportage à St Louis à suivre au 19h30 et sur ce site avec une série de bonus à la clé. L'occasion de rendre compte de la formidable implosion de la campagne pour la Maison Blanche. Tous les stratèges politiques le répètent en boucle, les chamboulements de la place financière ont remis les compteurs à zéro dans cette campagne pour la présidence. Alors que Barack Obama n'avait probablement aucune chance de l'emporter il y a encore quelques jours (un métis à la Maison Blanche, impossible !) voici qu'il reprend l'avantage dans les sondages. Le candidat démocrate suit, l'air de rien, les conseils d'un fin connaisseur, ce Bill Clinton qui lors de sa campagne de 1996 lançait ce slogan pour partir à la conquête de Washington : "it's the economy, stupid !". Et plus que jamais, c'est bien le candidat qui se montera le plus rassurant sur le terrain économique qui l'emportera en novembre. Désormais même un métis peut l'emporter car le bagage de Barack Obama dans ce domaine est tout simplement le meilleur comme vient de le confirmer cette enquête de The Economist. Et l'Amérique, inquiète commence à se passionner pour cette bataille comme en témoigne les 70 millions de téléspectateurs qui ont regardé ce débat des candidats à la vice-présidence :
tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.
La chronique de Bernard Rappaz, rédacteur en chef Actualité TSR.