Banque suisse, web et censure
23 février 2008
Le web bruisse de rumeurs depuis quelques jours: en réclamant la fermeture d'un site internet une banque suisse s'est attaquée au sacro saint principe de la liberté d'expression sur la toile et un tribunal américain lui a donné raison. La banque zürichoise Julius Bär a obtenu que le site Wikileaks.org soit déconnecté. Wikileaks, un site libertaire américain bien connu, réputé pour publier des documents compromettants. Julius Bär accuse ce site d'avoir mis en ligne de faux documents qui implique la banque dans une affaire de blanchiment d'argent sale aux îles Cayman. L'affaire fait grand bruit car cette interdiction pose la question des règles qui président à ce nouveau journalisme qui se développe en ligne. En déconnectant Wikileaks la justice américaine ne s'est pas contentée de demander le retrait des documents incriminés. Elle a fait ce qui représente l'équivalent de la fermeture d'un journal. Un journal en ligne qui a prouvé à de multiples reprises son intérêt comme récemment la publication d'un manuel opérationnel de la prison de Guantanamo. Internet ne peut pas échapper aux lois mais si les lois qui s'appliquent au web sont plus sévères que celles qui s'appliquent au monde physique il faut craindre pour la liberté d'expression. Les autorités chinoises l'ont d'ailleurs prouvé. Pékin a interdit Wikileaks depuis bien longtemps.
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