Les blogs | Les ralentis d'Alain Meury

Publié le 25 mai 2012 à 09:55

Chaque métier a ses parts d’ombre. J’ai la chance d’en exercer un dont presque toutes les facettes me plaisent. A une grosse exception près cependant : les séances. Il en est d’utiles et même de nécessaires. Mais plusieurs d’entre elles se résument à de longs et vains bavardages qui usent l’auditoire avant d’épuiser les sujets. Il suffit cependant de prendre son mal en patience et d’attendre l’heure de la libération. Celle-ci peut intervenir plus ou moins tôt. Selon la somme de questions posées par les participants. Les plus sages n’en ont que d’essentielles. Ou pas du tout. Mais je vous mets au défi de me contredire : il existe dans chaque entreprise, au moins un individu, qui se sent obligé de l’ouvrir même si cela ne paraît pas vital pour l’avenir de l’humanité. En ce qui me concerne, je ne pense à personne en particulier mais à un particulier en général. Alors que tout a été dit et redit, que les regards de l’assemblée s’élèvent du côté de la pendule, que les baîllements longtemps réprimés s’expriment librement derrière des mains complices, le bon élève se sent obligé de signaler sa présence par une demande de précision. Quelques toussotements se font alors entendre. Parfois des remarques un brin moqueuses. Le questionneur n’en a cure. Il persiste et signe et tente d’obtenir l’assentiment de sa hiérarchie sur un problème qui n’en est pas un. Il fait généralement deux ou trois relances, histoire de démontrer qu’il ne s’est pas endormi en chemin, et finira par remercier ses supérieurs de leur attention. Un quart d’heure supplémentaire, au moins, s’est écoulé et nous avons économisé une cigarette. Demeure que l’intervenant nous a tous retenus contre notre gré. J’ai longtemps songé à ce phénomène et j’ai même failli convoquer une séance pour en parler librement. Je me suis ensuite ravisé car je viens de trouver une solution qui me transporte dans l’enfance : la sarbacane. Je n’y mettrai pas de curare car je garde une grande amitié pour l’intarissable dont je vous parle.

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Publié le 22 mars 2012 à 16:27

Zero-pointe-L-1Comme certains de mes camarades et collègues, je suis un adepte inconditionnel des réseaux sociaux. Mais comme je suis aussi à l’aise sur mon ordinateur qu’un bègue à la tribune de l’Académie française, je me contente d’entretenir ces réseaux dans mon voisinage immédiat. Avec des gens forcément sans intérêt car ils se contentent de traverser les jours en cueillant les menus plaisirs de vies quotidiennes sans prétentions. Aucun d’entre nous ne prend de photos avec son téléphone portable, ni ne les envoie sur face-bouc pour émerveiller le reste de la planète. Mes photos intimes - lorsque je mange la table du bistrot après ma nouvelle défaite à la belote - je les garde pour moi. Et je ne compte pas le nombre de mes amis pour mesurer mon bonheur. Je suis généralement heureux de le vivre avec l’archiviste et le facteur des colis qui sont toujours fidèles au rendez-vous vespéral. Du coup, bien sûr, on ne me reconnaît pas à la Migros, ce que d’aucuns considèrent comme un revers social dont on ne se remet pas. Personnellement, je m’en remets fort bien. Je vous entends persifler que je me commets dans un « blog » privé de la maison qui m’emploie. Je le concède mais je ne le fais que pour le plaisir d’écrire et sans rien dévoiler d’important de ma vie. Je ne suis ni pudique, ni calviniste, ni réfractaire au progrès. Mais j’avoue qu’en consultant – sur demande ! – quelques adresses de réseaux sociaux de personnes qui me sont connues, j’ai tendance à tomber de ma chaise. Et j’ai envie de leur dire que j’ai été bouleversé d’apprendre qu’ils ont mangé la fondue la veille au soir. Demain matin, je vérifierai qu’ils n’ont pas oublié de prendre leur petit-déjeuner et qu’ils ont rajouté un peu de fonds de teint sur la couche qu’ils tiennent contre vents et marées depuis leur naissance.

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Publié le 15 mars 2012 à 09:09

ChaplinJe n’ai pas vraiment vocation à être guide touristique ou conseiller culturel. Pourtant, et bien que le sujet soit bien éloigné de l’univers du sport, je ne résiste pas à l’envie de vous inviter à faire un détour du côté d’Evian, au Palais Lumière, très exactement. Il se situe tout près du casino, au bord du lac Léman. Au programme ? Une exposition consacrée à Charlie Spencer Chaplin. Je viens de m’y rendre. Deux heures d’émotion, d’émerveillement, de rires. Sur deux étages, l’hommage est savamment rendu. On part du muet et des petits films réalisés avant et durant les années 1920, aux grands classiques en long métrage tels que Le Cirque, La Ruée Vers L’or, Le Kid, Les Temps Modernes, Les Feux de la Rampe, Le Dictateur et tant d’autres. Autant de chefs-d’œuvres qui ne prennent pas une ride. L’exposition comporte des panneaux didactiques, très courts mais très éclairants, de nombreuses photos et, surtout, de salle en salle, des extraits de films qui défilent en continu. J’ai vu des gens pleurer de rire – comme moi – au regard de ces scènes parfois burlesques, toujours profondes, jouées par le vagabond le plus extraordinaire de l’histoire. En sortant du Palais Lumière, je me suis dit que je n’avais jamais dépensé 10 euros aussi intelligemment et agréablement. J’ai pensé aussi que si à Genève on disqualifie volontiers quelqu’un en le traitant de Charlot, je ne m’en offusquerai pas. Si je devais n’avoir que 10% de son talent, je serais un homme très fier.

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Publié le 26 février 2012 à 10:29

Rien ne me distrait autant que la lecture quotidienne des listes des partants des courses de trot en France. Parce que je suis passionné de turf, bien sûr, mais aussi car cette discipline s’accompagne d’une poésie rare et surtout révélatrice. Lorsqu’ils choisissent le nom de leur poulain ou de leur pouliche, les éleveurs ont une liberté totale, à l’exception majeure de la lettre initiale. En 2012, les trotteurs français qui ont 3 ans portent tous un nom commençant par V. Les 4 ans par U, les 5 ans par T, les 6 ans par S et ainsi de suite. Il faut savoir d’autre part que tous ont leur anniversaire légal le 1er janvier. Ils ont bien sûr chacun leur date de naissance mais pour des raisons pratiques, ils prennent une année de plus quand la nouvelle commence. Cette parenthèse didactique terminée, il est temps que nous revenions à notre propos : le nom du cheval. Et là, toutes les surprises comme tous les conformismes sont possibles et vérifiés. Pourquoi les éleveurs auraient-ils la tâche plus facile que les futurs parents que nous avons presque tous été ? J’ai deux fils mais j’ai envisagé que nos enfants puissent être d’un sexe différent. Elle se serait alors appelée Mélanie en référence à une artiste de l’époque dont je ne me souviens plus. Je me rappelle en revanche avoir confié mon goût personnel pour Félicie. Mais toute le monde m’a répondu aussi. J’ai donc renoncé.

Je m’égare un peu mais j’imagine les discussions dans les haras avant la naissance d’un poulain. Il devait être tard quand la famille à l’unisson a opté pour Vodka Du Loisir. L’accouchement a sans doute été difficile et nécessité un petit remontant. On ne se parlait en revanche pas dans l’écurie du futur Sans Bruit alors qu’on glandait dans celle de Rêve Du Chêne. Il fallait calmer une vieille querelle familiale quand il fût décidé de donner au jeune équidé le nom un peu grotesque de Tonton Paul et ne pas contrarier davantage une destinée ratée en baptisant le dernier du nom de Ténor De Flosaille. Je pourrais poursuivre sans fin cette énumération puisque le cheptel des trotteurs français se recense en milliers de sujets. Je voulais juste vous faire partager mon plaisir. Et si vous avez le goût des petits jeux de lettres, ne vous privez pas de consulter ces listes. Tout cela me rappelle mon vieil ami Longues Oreilles qui se délectait de ces patronymes pour en faire des petites saillies innocentes. Comme avec Extra De La Loge, à propos duquel il avait précisé qu’il n’était pas un franc-maçon intérimaire. Il était visionnaire car cette confrérie ne connaît que le temps plein. A tous les étages.

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Publié le 12 octobre 2011 à 14:24

Nous sommes parvenus à un point crucial qui déplaît à beaucoup, qui en réjouit d’autres, mais qui est un fait : le sport et ses organisations faîtières ne sont pas au-dessus des lois. Après avoir été rejetée par les politiques, l’exception sportive est déniée par l’appareil judiciaire. Il faut s’en féliciter.

Il y eut l’affaire Bosman, dont l’épilogue date de décembre 1995. Et personne ne songerait aujourd’hui à remettre en cause le combat de ce footballeur belge qui réclamait, pour faire court, le droit de travailler (donc de jouer au football) et de choisir son employeur (donc son club), étant entendu qu’il était en fin de contrat à Liège. S’ajoutait la remise en question des quotas limitant à trois le nombre de joueurs étrangers ressortissants de l’Union européenne dans une équipe de club. L’UEFA avait perdu et tout le fonctionnement du football professionnel, et plus encore, du sport professionnel, en a été révolutionné.

Il y a maintenant l’affaire du FC Sion. Et sans faire de comparaison, elle n’est pas sans évoquer celle de Jean-Marc Bosman. Chez nous, elle agace ou suscite de la sympathie. Comme le président du club, personnage de roman, Farinet du football, anarchiste millionnaire, un des derniers survivants de l’ère des mécènes au sens premier du terme, bien que son mécénat soit teinté d’un redoutable sens des affaires. Peu importe que nous aimions ou non Christian Constantin. Il se bat pour que justice soit rendue à son club. Il se défend des éventuelles irrégularités commises lors du transfert du gardien égyptien El Hadary, figure emblématique, à l’époque, du football de son pays. Il s’insurge contre les mesures sévères prises à son encontre par la FIFA, l’UEFA et la Swiss Football League. Il ne m’appartient pas de juger sur le fond. En revanche le contexte politique du litige est intéressant.

Pour les deux premières nommées (FIFA et UEFA), l’objet de la querelle est clair : les francs-tireurs ne sont pas les bienvenus dans la grand maison du football. Surtout s’ils remettent en cause un fonctionnement et des règles qui leur permettent de régner sur la planète du ballon rond. Pour la Swiss Football League, le raisonnement est le même. S’y ajoute, pour corser le menu, un soupçon d’amertume et de rancune, hérité de la première affaire du FC Sion – en 2003 – quand Christian Constantin avait fini par obtenir la réintégration de son club en Challenge League devant les instances civiles.

CC vient de gagner quelques manches. Va-t-il obtenir totalement gain de cause ? Il faut être grand clerc pour le dire. Une chose est sûre cependant : désormais, les Fédérations sportives, aussi puissantes soient-elles, ne peuvent plus ignorer les lois qui régissent la société civile. Et cela est à mes yeux une victoire fondamentale.

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Publié le 29 juillet 2011 à 14:32

Le Tour de France est terminé et Cadel Evans en est un beau vainqueur. L’heure des bilans a sonné pour les organisateurs. Je me dois pour ma part de passer aux aveux. Depuis 1998 et l’affaire Festina, je ne regardais plus la Grande Boucle que d’un œil distrait et surtout terriblement méfiant. Tout exploit me paraissait suspect. Cette année, comme bon nombre de mes camarades en rédaction, je suis retombé dans mes vieux travers. J’ai vibré durant des heures lors de l’étape du Galibier puis celle de l’Alpe d’Huez. Serait-ce que le dopage a disparu ? Non bien sûr, même si les efforts entrepris semblent assez sérieux. Mais le temps de ces terribles ascensions, j’en ai oublié mes beaux principes sur la propreté des sportifs. Je l’avoue donc et j’espère que j’en suis pardonné.

Cela dit, un léger mieux a été enregistré dans cette édition en matière de pharmacologie. Les coureurs – un seul a été confondu – ont levé le pied. Légèrement seulement. Alberto Contador préfère désormais les salades à la viande rouge et cela lui a coûté un peu de sang frais dans les derniers lacets de l’Alpe. Les frères Schleck, tout Luxembourgeois qu’ils soient, s’en réfèrent toujours aux frites comme base nutritionnelle alors que l’Australien Cadel Evans, domicilié au Tessin, alterne le risotto et le steak de kangourou. Mais que du naturel, labellisé bio. Embrassons-nous folle ville ? Pas tant que cela, hélas. Car les tests effectués révèlent une nette reprise de l’absorption de corticoïdes – le fond de sauce du dopage pour reprendre une expression d’un conseiller scientifique de l’Agence française de l’anti-dopage – ces produits qui agissent à la fois comme stimulants et comme anti-douleurs. Ils optimisent surtout les effets de l’EPO. Autre mesure prise : la puissance développée (en watts) par les coureurs dans certains secteurs clés de la course, comme les ascensions. Par le passé, Pantani et Armstrong ont atteint et même dépassé largement les 450 watts. Des efforts attribuables à des mutants, comme l’écrit dans Le Monde un spécialiste de la question. Cette année, pas de poussée aux-delà des 410 watts. Mais c’est à 400 watts que le seuil du dopage avéré est franchi. Il a donc été dépassé en certaines occasions mais dans des mesures devenues, momentanément, moindres. Les coureurs ne sont plus dans l’énergie nucléaire. Certains sont encore dans les centrales thermiques. On aimerait bien que tous reviennent au solaire ou à l’éolienne.

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Publié le 20 juin 2011 à 14:31

J’ai toujours aimé les arbres. Tous les arbres. Un seul me chagrine un peu : le marronnier. Non pas qu’il manque de majesté mais parce qu’il évoque, dans le jargon du journalisme, une habitude qui a tendance à m’agacer. Un marronnier, c’est un article qui revient à rythme régulier dans les quotidiens comme les magazines. Du type : comment bronzer en trois semaines à Choindez, comme perdre 5 kilos en mangeant tous les jours au Macdo ou encore comment enrichir en dix minutes votre culture générale pour être à la hauteur dans le Trivial Poursuit du camping des Flots Bleus. Le sport a les siens de marronniers. Nous sommes en plein dedans maintenant avec les supputations sérieuses ou fantaisistes sur les mouvements du mercato : Duchemol au Servette, Bolomey au Lausanne-Sport, Tartempiovitch à Neuchâtel Xamax. C’est presque un tic, mais c’est assez amusant.

En revanche, un autre marronnier ne manque pas de m’inquiéter, sinon de m’effrayer. Celui de la violence sur les stades – et surtout les petits – ainsi que la bêtise insondable des ultras supporters. Une chaîne francophone concurrente – France 2 pour ne pas la nommer – a diffusé il y a dix jours un reportage édifiant sur les exactions les plus diverses sur les petits terrains d’amateurs. De quoi frémir. Coups de boule, bastonnades, femme de président tabassée par des joueurs dans sa chocolaterie. La voyoucratie a de beaux jours devant elle et les autorités du football comme les autorités tout court semblent bien démunies face à ce phénomène. Chez nous, la fin de saison a été mouvementée. A Yverdon, de prétendus supporters servettiens s’en sont pris à notre équipe de reportage parce que la TSR avait logiquement choisi de diffuser le dernier match, couronné d’ascension en Super League, de Lausanne-Sport. Quelques jours plus tard, à l’issue d’un enthousiasmant Servette – Bellinzone, diffusé en direct lui aussi, qui permettait aux Genevois d’accompagner les Vaudois dans l’élite, un groupe de têtes brûlées a traversé le stade pour aller défier une petite trentaine de supporters tessinois. Doigts d’honneur, jets d’objets les plus divers, volonté manifeste d’en découdre physiquement. Débarrassons-nous bien vite de ces individus aussi grotesques que dangereux pour retrouver le vrai plaisir d’aller au match.

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Publié le 17 mai 2011 à 15:53

Jpg giggs Douze titres de champion d’Angleterre, deux victoires en Ligue des champions, quatre victoires en Coupe d’Angleterre et autant en Coupe de la Ligue : le palmarès personnel de Ryan Giggs – et encore je ne l’énumère pas totalement – est inégalé et inégalable. A bientôt 38 ans, qu’il aura le 29 novembre, le Gallois est un phénomène de longévité et je regrette personnellement qu’il n’ait jamais reçu le Ballon d’Or de France-Football. La faiblesse de sa sélection nationale a été un des freins à ce sacre individuel. Ce sera peut-être pour cette année si d’aventure il s’impose en finale de la Ligue des champions contre Barcelone à Wembley, le 28 mai. Mais ce n’est pas tant le palmarès ou les records établis qui me séduisent chez Ryan Giggs. C’est sa personnalité, sur et hors du terrain. Sa fidélité d’abord. A une époque où pour un oui ou un non – et surtout pour un chèque – les joueurs passent continuellement d’un club à l’autre en affirmant chaque fois qu’ils réalisent le rêve de leur enfance, Giggs est un merveilleux contre exemple. Recruté par Alex Ferguson le jour de ses 14 ans, il rejoint Manchester United et ne le quitte plus. Professionnel dès 1990, il fait sa première apparition en championnat le 2 mars 1991 contre Everton. Samedi dernier, il a disputé son 875ème match sous le maillot des Red Devils, loin devant Sir Bobby Charlton dont le compteur s’était arrêté à 759. Mais c’est à une autre icône mancunienne que me fait toujours penser Ryan Giggs : George Best. Les plus jeunes ne se souviennent sans doute pas de cet ailier nord-irlandais, Ballon d’Or en 1968 et véritable virtuose dans la conduite de balle. Comme Ryan Giggs aujourd’hui. Mais les deux hommes n’avaient « que » le génie en commun. George Best a mené une vie très mouvementée, partagée entre les femmes et l’alcool. Il en est mort, à 59 ans, le 25 novembre 2005. Au contraire, Ryan Giggs ne s’enivre que de football et il parvient du même coup à nous griser de bonheur. Je suis persuadé que ce sera encore le cas à Wembley lors d’une finale qui réhabilite le jeu. Tant Manchester United que Barcelone imposent leur état d’esprit et leur capacité de faire circuler le ballon plutôt que la fraîcheur physique et la puissance athlétique. Le football que j’aime et que vous aimez j’espère.

 

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Publié le 19 avril 2011 à 21:32

Si cela s’était passé dans une cour d’école, la brigade des mineurs aurait été mobilisée et les coupables confondus. Comme les événements graves dont je vais vous parler ont pour cadre le Département des Sports de la TSR et que leurs acteurs sont des adultes, le crime ne sera pas sanctionné et sa victime en restera réduite à des lamentations sans lendemain.

Pourtant, l’acte d’accusation est implacable. Un odieux producteur profite, sans vergogne, de la naïveté et de la pureté d’un vieux journaliste qui ne réalise pas que les temps ont changé et que les succès du Genève Servette Hockey Club comme du Servette FC, ne relèvent plus que de l’utopie. Constat amère et dramatique : le journaliste en question perd deux fois 50 francs au profit d’une personne qui ne sait plus que faire de son argent. J’ajoute, avec cruauté – mais on a les vengeances qu’on peut – que ledit producteur ne saura bientôt plus que faire de son temps. Et pan !

Ce producteur ? Allez, je le livre à la vindicte publique. Il s’appelle Patrice Masset. Et il n’a pas son pareil pour me faire prendre des paris foireux qui vont lui permettre d’adoucir sa très prochaine retraite. C’est un malin, le bougre. Pensez qu’il est entré à la télévision il y a près de 40 ans. Chez les électros, au bas de l’échelle. Et comme il est capable de travailler 25 heures par jour, il a tout appris de cette grosse machine. Au point de devenir, il y a bien des années maintenant, un homme-clé du Département. Celui qui sait tout sur tout, qui a la solution au problème le plus imprévisible et le plus improbable. La relève pointe son nez avec compétence, mais le vieux singe n’est pas près d’être cloné.

Vu ses états de service, je ne porterai pas plainte contre ce maquignon du hockey et du foot. Je ne révélerai pas non plus ses manœuvres qui lui permettent d’affamer chaque jour un peu plus un vieil homme qui n’a déjà plus que la peau sur les os. L’histoire jugera.

Et comme les victimes aiment leurs bourreaux, je ne trouve pour toute insulte à son égard que ce pathétique : tu vas me manquer dans deux mois mais je vais enfin réaliser des économies.

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Publié le 18 mars 2011 à 17:32

Winston Churchill le rappelait avec sa sobriété légendaire : « Je suis en bonne santé grâce au sport. Je n’en ai jamais fait ». Je reprends volontiers cette phrase forte à mon compte. J’ai un peu tapé dans le ballon – avec un soupçon de talent qui a vite été levé – mais ma santé s’en ressent encore. Des hématomes aux chevilles, des ligaments que je n’ai fait que croiser avant qu’ils ne reprennent leur liberté, des bleus à l’âme. J’aurais mieux fait de m’abstenir.

Je le crois d’autant plus volontiers qu’il est possible d’être un sportif accompli par procuration. Dans mon milieu professionnel, qui entretient quelques relations amoureuses avouées avec la pratique sportive, nombreux sont ceux et celles qui, comme moi, ont été championnes et champions du monde de leur rue au jeu de billes quand les favoris étaient cloués au lit par la rougeole.

Cela n’enlève rien à notre crédibilité car nous sommes tous des supporters inconditionnels des clubs ou des sportifs les plus divers. Ma discrétion naturelle m’interdit de vous dévoiler l’identité de tel haut responsable du Département qui ne s’aurait s’endormir sans être drapé de l’écharpe du Servette FC, ni celle d’un cadre éminent de la RTS qui a pris l’abonnement général des CFF pour suivre le Lausanne-Sports jusqu’à Locarno ou Vaduz, ni celle encore de ce fougueux commentateur qui prétend ne plus s’alimenter dès que Wawrinka perd un match. Et à contempler la corpulence de mon confrère, on serait tenté de déduire que Stan le Vaudois a remporté tous les tournois du Grand Chelem. J’avoue, pour ma part, moins bien dormir quand Delémont se fait moucher à La Blancherie.

Je pourrais allonger la liste des exemples, en y ajoutant ce chef d’édition qui pense encore que l’Inter de Milan a inventé le football et en assure la pérennité, mais tel n’est pas mon propos. Je veux saisir cet espace d’expression libre pour dire à toutes celles et tous ceux qui nous suivent à l’antenne que le point commun entre tous les membres de la rédaction est la passion du sport. Et la capacité d’en parler en rangeant sous le boisseau les attaches personnelles. Sauf moi. Mais le privilège de l'âge me vaut tous les pardons.

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