Euro 2008: psychologie des nations
28 juin 2008
Les grands raouts de foot sont toujours le prétexte pour de brèves leçons d'histoire et de psychologie appliquée. Ecoutez attentivement les commentateurs. L'Allemagne, c'est la capacité à mener des attaques éclairs et sans état d'âme, ce sont des joueurs solides et conquérants. Les Méditerranéens, des créatifs sympas pleins d'imagination et de légèreté, les Polonais des victimes toutes désignées, les Turcs des chanceux absolus mais on a de la peine à reconnaire leur talent. Impossible d'évoquer Autriche-Allemagne sans faire allusion à l'Anschluss. Tout ramène invariablement à quelques stéréotypes. Et n'allez pas croire que ce sont là des propos de cantine. Roger Köppel, l'éditorialiste de la Weltwoche, écrit cette semaine que le foot offre une image des tendances de la société et des structures mentales les plus profondes du pays. Et il pense ainsi que la jeune et séduisante équipe russe en dit plus sur le pays de Poutine que tous les articles de presse décrivant les combats du capital le plus sauvage. Bref, une équipe sympa, épargnée par la folie des grandeurs des oligarques, toute d'efficience poutinenne. Elle offrirait le mixte heureux de Gengis Khan, Noureiev et Kasparov. Rien que ça! Par la grâce du foot, une nation peut prétendre figurer à nouveau - brièvement ? - au hit-parade des bien-aimées.