A quoi ressemblera le futur informatique? Davos ne cherche pas seulement à prédire l'avenir financier et économique - surtout en ce moment - il est toujours curieux de nouvelles technologies. Alors, de nouveaux gadgets? En fait, les patrons de l'informatique, invités à se découvrir dans un panel spécialisé, ont surtout salué la naissance récente de l'IPhone. Tous jugent que l'IPhone constitue le début d'une révolution de l'homme et de sa relation avec les machines.
Que font surtout les acquéreurs de l'IPhone? Ils se connectent à Internet et prennent plaisir à manipuler l'objet. Pour les experts, l'homme du 21ème sera bientôt connecté en permanence grâce aux réseaux Wifi. Les constructeurs vont inventer des centaines d'écrans mobiles faisant de la vidéo la denrée indispensable du réseau. Plus loin, c'est le pc traditionnel, doté de son antique clavier, qui devrait disparaître, cédant la place aux machines intelligentes aux fonctions tactiles.
Avenir triste et gris? Pas nécessairement car ce qui distingue aussi un appareil d'un autre et qui établira la sélection, c'est le plaisir que le consommateur ressent à le découvrir, à le toucher, à l'utiliser. C'est l'émotion qui dictera ce que nous allons retenir ou pas dans notre environnement technique. Voilà qui est plutôt rassurant.
La Bourse s'effondre, Wall Street appelle Washington au secours et tout change dans la présidentielle. L'Amérique aspirait au changement, c'est ce que tout le monde disait en voyant Barak Obama bousculer Hillary Clinton dans l'Iowa. Un changement encore vague, même pas un programme précis ni peut-être d'ailleurs Obama lui-même, non quelque chose de nouveau qui fasse rêver et donne le vertige de l'innovation. Il aura suffi que le mot récession fasse la une des journaux et des chaînes d'info en continu pour que le climat change complètement. Les difficultés de Citigroup par exemple, la plus grande banque du pays, renflouée par des capitaux du Proche-Orient, ont beaucoup frappé les esprits, déjà inquiets par tous ces annonces de "Pavillon à vendre" qui fleurissent au bord des routes.
Du coup, l'expérience est à nouveau une valeur sûre. C'est Hillary qui en a fait son thème de campagne. Cela tombe bien. L'Amérique a aujourd'hui plus besoin d'être rassurée que d'être éblouie. Mais cette campagne électorale est passionnante et promet encore bien des rebondissements.
Un télespectateur m'interpelle sur le voyage de Pascal Couchepin au Maroc et en Egypte, comparant les sorties à l'étranger de Nicolas Sarkozy qui signe des contrats et celles de Pascal Couchepin qui se contenterait plutôt de distribuer les millions. Je m'étonne de cette polémique initiée par le parlementaire zurichois Hans Fehr et quelques observateurs bernois anonymes. La critique suggère que le président perdrait son temps et que ces voyages ne serviraient à rien. Je ne partage pas ce point de vue. Les problèmes qui se posent à la Suisse sont ceux du monde, l'environnement, le multiculturalisme, les migrations et notre pays ne va pas les résoudre tout seul. Tous les échanges de nos conseillers fédéraux avec l'Europe et le monde ne peuvent être que profitables. J'y vois même une vertu pédagogique et un signal fort : la Suisse s'insert dans le concert des nations. Utopique?
Les larmes d'Hillary: stratégie ou moment de vérité?
12 janvier 2008
C'est l'image de la semaine. Le moment d'émotion qui a permis à Hillary Clinton de rallier les indécis du New Hampshire et de reprendre la tête de la course à l'investiture démocrate. Hillary is back! Les politologues s'interrogent donc sur l'impact des larmes d'Hillary dans le vote. Mais il y a un autre débat qui s'est ouvert: la sénatrice jugée froide et sûre d'elle-même a-t-elle vraiment craqué ou tout cela faisait-il partie d'une stratégie émotionelle bien maîtrisée comme le suggère une chroniqueuse du New York Times?
Je pense que cet oeil humide et cette voix tremblante n'étaient pas prémédités. Les conseillers d'Hillary Clinton n'ont d'ailleurs pas envoyé la vidéo à leurs partisans comme ils le font régulièrement après chaque intervention, estimant dans un premier temps que cette prestation nuirait à la sénatrice! Même si je sais qu'un tel point de vue peut paraître naïf dans le climat hypermédiatisé de la campagne américaine. A vous de juger:
Noter les ministres? Et pourquoi pas! Les administrations publiques soumettent déjà souvent leurs employés et leurs cadres à des évaluations, pourquoi les chefs de départements devraient à priori en être exlus. Parce qu'ils sont élus? parce qu'ils ne doivent rendre des comptes qu'à leurs citoyens et à leurs parlements? L'évaluation n'interdit pas le choix des électeurs. J'aurais tendance au contraire à penser qu'elle introduit de la transparence et qu'elle facilite plutôt le vote! Je salue donc la proposition de François Fillon de faire évaluer sérieusement ses ministres par un cabinet privé d'audit.
Pierre Maudet. conseiller administratif de la Ville de Genève, prend position au Journal de 19h30
Il n'y a pas de raison que les plus brillants orateurs à la radio et à la TV soient automatiquement plébiscités même si l'art de la persuasion fait totalement partie de l'exercice politique. Mais les notes en politique, c'est comme à l'école. Elles postulent la rigueur, l'exigence de résultats. Elles demandent que chaque responsable ait bien une feuille de route, des objectifs et l'envie de les remplir dans un temps imparti. Soyons réalistes, l'art de la conduite au sommet a tendance à s'enliser dans la micro-gestion quotidienne que ce soit au Conseil fédéral, dans tout exécutif cantonal ou dans les grandes villes. Pousser les uns et les autres à choisir leurs priorités, à tout mettre en oeuvre pour les réaliser, bref un peu de management ne ferait pas de mal.
tsr.ch, placé sous la responsabilité de la TSR, met en ligne sur cette page des "blogs" personnels souvent décalés, parfois impertinents. Ces textes proposent des regards subjectifs; c'est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de telle ou telle émission mais bien celui de son auteur.
André Crettenand est rédacteur en chef de l'Actualité à la TSR.