[ Le blog-notes d'André Crettenand ]

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L'info gratuite séduit toujours plus

L'info gratuite séduit toujours plus. Le blog Media Café de Jeff Mignon nous apprend que le site du New York Times a gagné 7,5 millions de visiteurs en 3 mois (+64%) simplement en rendant gratuite la consultation de tout son contenu. En octobre, il y avait ainsi 19,4 millions de personnes qui ont eu recours aux services du quotidien en ligne. Et ce qui marche le plus, c'est la consultation des archives du NYT plus que les analyses, souvent brillantes, de ses éditorialistes. En comparaison, le Wall Street Journal a connu 3,5 millions de visites en octobre. Voilà qui complique encore la tâche de tous ceux qui jugent que l'information a une certaine valeur, et donc un prix!

décembre 19, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

La faute aux médias: toujours la même rengaine

Actu_20071023_8339957_2 "Les médias ont contribué au succès électoral de l'UDC", entend-on parfois  depuis le 21 octobre. Il s'agit souvent d'impressions vagues ou alors de points de vue très engagés. Curieusement on n'entend pas que ces mêmes médias aient contribué au succès des Verts ou du PDC! Je vois pourtant mal une stratégie partisane qui auraient pu avantager en même temps la gauche et la droite! Mais peu importe,  il est normal que la presse se retrouve au centre des débats dans les périodes de changement et nous devons l'accepter.

En revanche, je suis plus sceptique sur la démarche de M Kurt Imhof de l'Université de Zurich. Le chercheur a compté les occurrences UDC dans les médias et découvert qu'elles étaient deux fois plus nombreuses que les citations des autres partis. Ce serait la preuve scientifique qui manquait.

Tou cela n'est pas très sérieux. L'UDC a réussi à faire la météo de la campagne. Elle n'est pas la seule. Le PDC a aussi su tirer son épingle du jeu. Ces deux formations ont donc souvent été au centre de l'attention, y compris médiatique. A contrario, les Verts n'ont pas bénéficié d'une visibilité insoutenable et ils ont malgré tout engrangé une formidable avancée. Les médias ont fait leur travail tout simplement. Ils ont couvert les mauvais coups comme les actions d'éclat, interrogé les acteurs les plus actifs et les plus prolixes (nous reprocherait-on de n'avoir pas su faire parler les timides), organisé des débats autour des thèmes les plus attrayants. Voudrait-on que les médias soient plus vertueux en campagne? Mais ils le sont. Radio et TV élaborent des règles d'équilibre complexes. Ils calculent au plus juste les temps de parole.

Puisque les chiffres semblent cruciaux dans cette affaire, en voici donc quelques-uns. En ce qui nous concerne, nous avons compté soigneusement les minutes consacrées aux partis dans le Journal (12h45, 19h et 19h30) sur 6 mois de campagne: eh bien, l'UDC n'est pas le parti qui a eu le plus droit à la parole (c'est le PS à quelques minutes près). Mais tous les partis se retrouvent avec un temps d'émission qui est en adéquation quasi parfaite avec leur force électorale.

décembre 18, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Blocher: le système suisse n'aime pas les excès

Keyimg20071212_8522434_3Qu'est-ce qui fait que Christoph Blocher n'ait pas été réélu au Conseil fédéral? Il y a les opposants de toujours, ceux qui ont lancé le combat contre sa réelection comme les Verts ou les Socialistes. Il y a les centristes à l'instar de Christoph Darbellay qui ont jugé que le conseiller fédéral avait franchi des limites morales et qui ont affirmé dès le départ de la campagne qu'ils ne voteraient pas Blocher. Mais les autres, la droite, un groupe non négligeable de radicaux dont certains ont voté Blocher au premier tour et qui sont presque surpris, après coup, d'avoir participé à l'opération? Cette majorité de circonstance n'ayant pas proposé un nouveau programme politique, il faut imaginer des raisons plus personnelles.

Pmimg20070610131000320x240001 L'homme Blocher a souvent méprisé les parlementaires (son discours le montre aussi à fortiori), il les as parfois ridiculisés; il les a souvent bousculés sans ménagement en commission. Les parlementaires ont donc sanctionné une attitude détestable. N'oubliez pas quedans cet exercice électoral, les parlementaires usent pleinement de leur prérogative, c'est sans doute le rare moment où ils peuvent le faire. Tout vote sur une loi peut toujours être refusé par le peuple, pas l'élection au Conseil fédéral!

Et puis comme me le confiait une conseillère fédérale jeudi, il faut y voir une réaction plus profonde du système politique suisse qui n'aime pas les excès et qui fait montre d'une propension presque naturelle à rejeter toute démesure . Il y a eu un retour à la "normale", à un climat plus serein que les Suisses apprécient même s'ils ont eu du plaisir à s'encanailler dans une campagne électorale plus folle. De ce point vue, toutes les menaces de l'UDC zurichoise ne doivent pas inquiéter: la Suisse a prouvé qu'elle était solide et peu encline à se laisser entraîner dans une quelconque dérive. Elle corrigera donc naturellement de nouveaux excès.

décembre 17, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Classe moyenne: ils ont aussi des soucis!

Notre série de reportages sur la classe moyenne n'a pas laissé les télespectateurs indifférents. Il y a ceux qui se réjouissent que nous nous intéressions enfin à eux, à l'érosion de leur pouvoir d'achat, et il y a ceux qui ne comprennent pas que nous puissions tourner un reportage sur des gens plutôt à l'aise. Faut-il rappeler que ce sont pourtant eux qui assument la plus grande part des impôts? Extraits du courrier de la semaine:

"Bonjour, j'ai été très surprise par votre reportage sur une famille soit disant de classe moyenne qui vit avec plus de 10 000 francs par mois et se plaint du coût de la vie! C'était presque indécent!... " (Samia S.)

"J'aimerais d'abord vous remercier d'aborder les problèmes de la classe moyenne... Malgré un très bon salaire, le ménage présenté n'arrive pas à atteindre une solidité financière qui le mette à l'abri d'une grosse facture... " (Klaus M.)

"Pouquoi ne pas avoir fait le reportage chez un couple de retraités comme moi avec comme revenu 2 rentes AVS et un 3ème pilier (3600 francs par mois, c'est mon cas)". (Georges B.)

"Bonjour, je suis choquée par votre émission sur les difficultés financières de la classe moyenne qui avec des revenus de 140 000 francs par année n'arrive pas à joindre les deux bouts à la fin du mois; ayant un salaire bien moindre (70 000) avec une personne à charge, je m'en sors très bien, vacances y compris... " (Chantal D.)

"... Que dire alors de ma situation familiale, mariée, 3 enfants, pas droit à l'aide sociale avec nos 70 000 francs par année!!! la moitié du revenu de votre pseudo frustrée du porte-monnaie!!! Revoyez vos barèmes à la baisse pour la classe moyenne...  " (Nicole K.)

"Ce petit mot pour vous dire que j'ai été choquée et énervée par votre sujet dans le 19h30 de mercredi sur ce couple qui n'arrive pas à mettre 200 francs de côté avec un salaire cumulé de 140 000 francs par an!... "(Isabelle H.)

193020071205193000320x240011Voir aussi l'interview de l'économiste Charles Wyplosz.

décembre 8, 2007 | Permalink | Commentaires (2)