[ Le blog-notes d'André Crettenand ]

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Le Taser testé par un politique suisse

C'est l'image de la semaine: le conseiller national Yvan Perrin qui teste le Taser. Image forte, image impressionante mais que nous avons choisi de montrer et même à plusieurs reprises. Car au-delà de l'émotion, elle dit beaucoup de la puissance de l'arme. Et le fait que ce soit un partisan convaincu, et un policier entraîné, qui se prête à l'exercice donne encore plus de poids à la démonstration. Yvan Perrin souhaite toujours que le Taser soit utilisé en Suisse (le Parlement va se prononcer en décembre) mais il nuance. L'arme ne doit être confiée qu'aux équipes d'intervention et à ceux qui ont reçu un entraînement spécifique.

novembre 30, 2007 | Permalink | Commentaires (2)

Obama existe, je l'ai rencontré sur Internet

Graphic_2 Internet peut-il bousculer l'élection américaine comme le débat télévisé le fit jadis en 1960 en donnant le coup de pouce décisif à John Kennedy au détriment de Richard Nixon? C'est la question que pose le Figaro cette semaine. La campagne s'était déjà déroulée en partie sur le net il y a 4 ans. Mais le journal relève que cette fois-ci la toile a permis à une personnalité, en l'occurrence Barack Obama, d'émerger comme candidat, et surtout de récolter les fonds (80 millions de dollars) indispensables.

La notoriété a trouvé de nouvelles voies, celles du "buzz". En Suisse, les politiques et les partis ont commencé à recourir au net lors des dernières élections. Certains ont mis en ligne des blogs, des jeux (l'UDC notamment), des portraits voire quelques communiqués et discours. Mais rien de décisif, rien qui n'ait pu jouer un rôle majeur dans la décision finale. Car la discussion qui se déroule sur le net ne détermine pas encore le vote. Ce qui se passe à la télévision reste primordial comme le prouvent les récriminations des uns ou des autres sur le rôle de la TV dans la dernière campagne.

Cela pourrait changer. Car la manière de s'informer change aussi. Observez les jeunes: ils n'écoutent pas la radio, ne regardent pas la télé. Ils sont pourtant très au fait de ce qui se passe en Suisse et dans le monde grâce à Internet et aux nouveaux réseaux communautaires comme Myspace ou Facebook.  Ils aiment  partager les vidéos, les idées, faire état de leurs amis et de leurs loisirs. Ils veulent pouvoir réagir, participer, créer ou appuyer des tendances. Une étude citée par le Figaro dit que le 43% des Américains se tournent en priorité vers Internet pour les nouvelles.

La campagne américaine a déjà intégré cette manière de s'informer. Les sites proposent des débats en direct, des blogs mais aussi la possibilité de déterminer son profil et d'échanger des opinions avec ceux qui offrent un profil similaire. Certains proposent même de rencontrer les internautes. Tout est fait pour qu'une communauté d'intérêt naisse autour du candidat et que l'internaute puisse devenir un citoyen actif et reconnu d'une mouvance partisane. Après le web2.0, la démocratie 2.0?

novembre 25, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

La télé, média du matin?

Cpshpi07161107121124phot Doit-on imaginer les pendulaires regarder bientôt la télévision le matin dans le train et le bus plutôt que lire le journal ou écouter la radio? Oui, absolument. Le Monde citait lundi dans un muméro spécial consacré à la télévision mobile quelques chiffres: 12 millions d'utilisateurs fin 2007, 120 millions en 2012. Il peut sembler utopique que beaucoup de gens regardent la télé sur un téléphone en format timbre poste dans une mauvaise qualité. Mais il y aura bientôt un nouvelle norme, le DVB-H, qui assurera une bonne diffusion même à grande vitesse (TGV) et l'on peut faire confiance aux constructeurs pour imaginer toute une gamme d'appareils avec un écran modeste mais à l'utilisation confortable et séduisante. La France, la Suisse (Swisscom) annoncent l'arrivée du DVB-H pour l'été 2008, à l'occasion de l'Euro. En Corée du Sud, pour prendre un exemple loin de chez nous, 6,5 millions de personnes utilisent déjà la TV mobile. L'Italie s'y met. Les adeptes du tout écran seront comblés, les autres feront grise mine devant cette nouvelle avancée de la consommation égotiste des images.

Pour l'info, quelles conséquences?

Nous devrons offrir des journaux du matin avec des services météo et routes. Ce sera tellement simple de brancher la télé partout que dès l'aurore les télespectateurs seront curieux de voir les nouvelles en images. Y compris des images en provenance de la Suisse romande. Et ils nous le demanderont. L'antique séparation - la radio le matin, la télé le soir - va s'estomper à coup sûr. Pour le service public, ce sera un nouveau défi: diffuser rapidement des informations tout en s'assurant de leur crédibilité. Mais nous le faisons déjà avec le Journal 100 secondes sur le portable. Pas de doute, la télé sera bientôt le média du matin.

novembre 18, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Le sondage, outil démocratique

Le sondage est-il le mal absolu? Le joujou de médias en mal de révélations, impatients de dire le futur avant tout le monde? Plus grave: faussent-ils le débat en annonçant trop tôt quelques résultats possibles? Quelques éléments de réponse:

1.  Les sondages que nous avons publiés avec GfS sont basés sur des échantillons conséquents. Son patron, Claude Longchamp, bénéficie d'une sacrée expérience et il est reconnu comme l'un des meilleurs politologues du pays. C'est un fait. Un peu vite oublié dans le brouhaha actuel.

2. Les écarts les plus importants sont encore dans la marge d'erreur. Beaucoup d'électeurs se sont mobilisés au dernier moment et ils ont plutôt voté UDC. Les échauffourées du 6 octobre à Berne ont influencé le vote tardif.

Partis

 

Elections 2007

Dernier Baromètre      

Elections du 21 octobre

Différence      

PS

21.7

19.5

2.2

Verts

10.0

9.6

0.4

PRD

15.5

15.6

0.1

PDC

15.4

14.6

0.8

UDC

27.3

29.0

1.7

Ecart moyen

1.04

Différence dernier baromètre-jour du vote

22 jours

3. Les sondages ne sont jamais livrés de manière brute. Ils sont à chaque fois prétextes à ouvrir des débats et des discussions. Ce sont de précieuses minutes d'antenne consacrées au débat citoyen.

4. Les sondages de la SSR sont à la disposition de tous les partis (ceux qui le souhaitent peuvent bénéficier d'une étude complémentaire). Sinon, seuls les partis qui ont des moyens financiers importants pourraient se payer de tels sondages, pas les autres.

5. Ce ne sont pas les sondages qui ont changé le style de la campagne ni leur interprétation. Plusieurs partis ont choisi de communiquer de manière plus agressive. Si les coups ont dominé plus que les thèmes, c'est le choix des leaders des partis.

6. Et puis, nous sommes encore et toujours dans la phase :"Pourquoi avons-nous perdu des sièges?" Y répondre par des causes exogènes (la faute aux médias, la faute aux sondages) est un peu court. Et c'est sous-estimer l'intelligence collective à l'oeuvre dans le vote démocratique.

Jean-Daniel Delley est plus sceptique sur l'usage du sondage. Voir dans Domaine Public.

novembre 10, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Bernard-Henri Lévy: la question tragique

Que penser? Que faire? C'est le désarroi qui est au coeur de la réflexion de BHL "Ce grand cadavre à la renverse" éd. Grasset). Le désarroi de la gauche, privée d'espérance, remerciée sans égards alors qu'elle se veut dépositaire des idéaux de justice et de fraternité.

Que penser, que faire? BHL a voté Royal, il votera encore à gauche. Il n'est donc suspect de rien du tout, il peut passer le parti au scalpel. Mais l'interrogation tragique qui l'anime dans la quête de l'essentiel - qu'est-ce qu'au fond la gauche ? - va bien au delà d'une défaite électorale et, somme toute, d'un simple épisode dans la grande bataille des idées.

Pour la gauche suisse qui vient de vivre une défaite et qui s'interroge aussi sur l' "injustice", la lecture de "Ce grand cadavre à la renverse" sera revigorante. Le PS s'interroge sur les écueils de la communication moderne, regarde vers le combat syndicat, source possible du renouveau, s'inquiète de ses bobos trop tôt convertis aux délices supposés de la classe moyenne mais tatônne et c'est bien normal car le problème est complexe. Crise du discours, crise d'identité? Crise plus fondamentale d'un parti qui aurait perdu à la fois ses repères idéologiques et la reconnaissance de ceux dont il souhaite plus que tout défendre les droits?

419c2b6k1vvl_2Au départ, il y a les souvenirs, les combats d'autrefois, les images fortes: BHL les appelle comme pour mieux s'y accrocher. Son engagement militant est d'abord sentimental. Mais pas question de transiger sur Dreyfuss, Vichy et surtout Mai 68 que Sarkozy a ciblé comme la cause de tous les maux. Il ne craquera donc pas et ne donnera pas suite au coup de fil de Sarko. La gauche est affaire de coeur et de raisonnement.

BHL en veut ainsi à la gauche, incapable d'une approche raisonnée du libéralisme, de l'Europe et de l'Amérique. Il la rêve raisonnable, parfaite et dépositaire des Lumières. Et philosophe aussi. "Ce grand cadavre à la renverse" est un précis de philosophie. Pour qui n'est pas angoissé par la division gauche-droite ou qui juge le clivage plus aussi déterminant pour fonder une action politique, on aura plaisir à voyager un peu avec Fichte, Kant, Hegel ou Rousseau.

novembre 4, 2007 | Permalink | Commentaires (1)