[ Le blog-notes d'André Crettenand ]

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Elections 2007: Sarko plutôt que la déprime!

193020071018193000320x240006 Sarko plutôt que la déprime! Moritz Leuenberger est le premier conseiller fédéral a sortir du bois après les élections du 21. Mais le socialiste ne dit rien sur la défaite de la gauche et rien sur le futur du parti. En revanche, il ne peut cacher sinon son enthousiasme, à tout le moins une certaine excitation, voire une admiration ,pour le programme que le président français met en place dans le domaine de l'environnement(interview dans le TagesAnzeiger de ce samedi).

Concentré sur son objectif environnemental, Moritz Leuenberger calcule assez justement que la cause verte a gagné en Suisse lors des dernières élections, pas seulement grâce aux gains du Parti écologiste et des Verts libéraux, mais aussi grâce sans doute au PDC qui a affiché de bonnes intentions en la matière durant la campagne. "Comme je l'ai déjà écrit dans mon blog, dit-il, j'attends des bonnes choses du nouveau Parlement".

(vous aurez remarqué au passage que Moritz Leuenberger est plutôt fier de son blog... coquetterie d'intellectuel? Dont voici l'adresse: http://moritzleuenberger.blueblog.ch/)

octobre 27, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Image de la Suisse: autre son de cloche

6f68385c882a11daa25e0000779e2340 Un point de vue différent de tout ceux que nous avons pu lire dans la presse étrangère sur le vote des Suisses, celui du Financial Times du mardi 23 octobre:

"Pour être fair, la condamnation internationale de l'UDC a peut-être été un peu exagérée. L'UDC n'est pas, comme l'ont suggéré quelques journaux, un parti d'extrême-droite comme le Front National de Jean-Marie Le pen en France ou le Parti de la Liberté de Jorg Haider en Autriche. L'UDC est nationaliste, conservatrice et populiste, oui. Mais il est fermement attaché à la démocratie et à la Constitution suisse".

octobre 26, 2007 | Permalink | Commentaires (3)

Elections 2007: analyse d'un vote complexe

Actu_20071023_8339957_2_2Comment comprendre le vote des Suisses? Pourquoi commencent-ils à laisser tomber la gauche? Ont-ils été sensibles aux messages provocateurs de l'UDC? Ont-ils été influencés par le style nouveau de la campagne? Pas facile d'analyser un vote décidément  complexe et qui mêle les sentiments les plus divers. Essai de décryptage (je me suis amusé à pondérer les hypothèses sur une échelle de 1 à 10)

1. Le virage à droite

C'est la composante du vote qui a été la moins perçue par les analystes. Mais il n'y a pas de doute: beaucoup ont voté UDC car ils réclament moins d'Etat. Ils réclament moins d'impôts. Plus généralement, ils ont perdu confiance dans la qualité de service de l'Etat. Ils jugent par exemple sévèrement tous les abus dans les assurances sociales. Les admirateurs de Sarkozy ont donc eu tendance à voter UDC, faute parfois de trouver un parti qu'ils jugent représenter vraiment la droite libérale. 7/10

2. Le souci identitaire

Dans un monde globalisé, le besoin de repères se fait plus fort. L'UDC a saisi ce besoin et offre un discours rassurant sur l'identité. Le parti capitalise sur son refus de nouveaux rapprochements avec l'Union européenne, il se porte volontiers garant de la défense de la "nation" contre tout ce qui la menacerait.  Selon "le principe non avéré qui fait de l'autre, de l'extérieur une source incontrôlable de changement", dit Jean-François Fournier, réd. chef du Nouvelliste6/10

3. L'onde verte

C'est la tendance du moment. Les catastrophes, l'été pourri ont donné un avantage certain au Parti écologiste. Mais on aurait tort de n'y voir qu'une mode, le citoyen commence à s'inquiéter sérieusement de la dégradation de la planète et de ses ressources. Les Verts ont aussi présenté des personnalités nouvelles et attachantes.  5/10

4. Le facteur émotionnel

C'est la marque de cette campagne 07, mouvementée mais passionnante. Les médias ont beaucoup été accusés de faire dans l'émotion. Mais ce sont bien les partis qui ont investis ce créneau car ils savent bien que le citoyen est désormais moins fidèle aux familles politiques et qu'il est devenu un zappeur électoral. Il ne suffit plus de le convaincre, il faut aussi le séduire. Claude Longchamp (GfS) constate que les Suisses ont voté plus tardivement. Signe qu'ils hésitaient, qu'ils soupesaient les candidats et qu'ils voulaient attendre tous les épisodes de la campagne avant de se décider.  5/10

5. Le besoin de concret

Les Suisses veulent qu'on s'occupe de leurs problèmes concrets et quotidiens. Sur les questions de sécurité, d'ordre, d'incivilité et de petite délinquance, ils font plutôt confiance à l'UDC pour changer quelque chose. Sur les questions sociales (salaires, assurances sociales, famille), ils misent encore sur le PS, là où ce dernier a fait campagne sur ces thèmes.  8/10

6. L'entrée en scène des conseillers fédéraux

Autrefois éventuels jokers, aujourd'hui quasi indispensables. Jamais les conseillers fédéraux ne s'étaient autant investis dans la campagne. Jamais autant les partis ne les avaient employés. Le Parti radical craignait l'entrée en scène de Pascal Couchepin et l'a retardée. Cette retenue initiale est peut-être la plus grande erreur de communication du parti. Le conseiller fédéral a fait exister le PRD en fin de campagne et s'est imposé comme l'opposant le plus fort à Christoph Blocher.  7/10

7. Le nerf de la guerre

L'investissement en pub et annonces a été imposant (tant mieux pour la presse). Mais l'argent n'est pas le critère déterminant même si les socialistes l'ont évoqué pour expliquer leur défaite. Les Verts ont gagné des sièges sans gros moyens financiers.  3/10

8. Killing the messenger

Ceux qui on perdu accusent vite les médias, ceux qui ont gagné se félicitent de la justesse de leur discours et de leur campagne. Sans excès de modestie, je crois malgré tout que ce sont bien les partis qui ont donné le ton, imaginé des complots, organisé un débat urgent aux Chambres, posé la question de Christoph Blocher au Conseil fédéral, espéré d'autres changements au gouvernement, dessiné des affiches et parfois oulié de parler des thèmes.  La météo politique, c'est d'abord les partis qui la font.  3/10

octobre 25, 2007 | Permalink | Commentaires (1)

Image de la Suisse (suite)

193020071017193000320x240006 Quand la Suisse fait la Une à l'étranger: à signaler cette semaine le Courrier international qui a choisi de titrer sur la Suisse et de rassembler des articles de la presse internationale sur notre pays. Effet de miroir décapant mais propice à la réflexion. Le responsable du service Europe de l'Ouest, Eric Maurice, s'en est expliqué dans le Journal de 19h30.

octobre 18, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

La Suisse a-t-elle mal à son image?

Quelques "Une" dans la presse étrangère qui évoquent la campagne électorale et voilà que naissent toutes sortes d'inquiétudes: l'image de la Suisse serait en train de pâlir, le pays serait agité des pires spasmes xénophobes et tout cela ne serait pas très bon pour les affaires.

Je n'y crois pas vraiment. Pourquoi?

1. D'abord, il y a un effet de loupe certain. Il ne se passe pas grand chose en Suisse pour les correspondants étrangers et les événements de Berne ont apporté un peu de "news", de quoi appâter les rédactions centrales. Mais les manifs de Berne n'ont pas grand chose à voir avec les échauffourées de nos voisins. Qui a évoqué les heurts de Bruxelles, autrement violents, ces dernières semaines?

2. La progression de l'UDC a permis de construire des rapprochements rapides et hasardeux. Rachid Kaci, conseiller de Nicolas Sarkozy, dit dans le Matin Dimanche que "la Suisse est dans le même état que la France au moment où Jean-Marie Le Pen est arrivé au 2ème tour de la présidentielle en 2002". Mais Christoph Blocher n'a rien à voir avec Jean-Marie Le Pen.

3. Adolf Ogi se dit inquiet pour la réputation de la Suisse à l'étranger après les violences du 6 octobre. Il compare dans l'hebdomadaire Sonntag les heurts de Berne au Grounding de Swissair. Mais ce n'est pas les papiers uniques du NewYork Times ou de la BBC sur le net qui vont faire de la Suisse un Paris qui brûle.

News 4. In fine, le regard extérieur le plus juste et le plus réaliste que j'aie noté est celui du jeune correspondant  polonais en Suisse du journal Gazeta, Tomasz Surdel, dont on peut lire l'interview dans le Temps de jeudi. (Il est vrai que la Pologne vit l'un des pires moments de son histoire politique depuis la chute du Mur avec un gouvernement qui fait peser de graves menaces sur les libertés fondamentales, cela aide à garder le sens des proportions).

octobre 14, 2007 | Permalink | Commentaires (1)

Al Gore: le Nobel au bon moment pour les Verts suisses

Swisstxt20071013_8310568_2_2 Al Gore déboule un peu malgré lui dans la campagne américaine ou en tous cas tous ceux qui l'apprécient aimeraient bien qu'il se lance dans la course à la présidence. Mais le New York Times qui voit en lui le leader idéal voit une difficulté majeure: A Gore est une homme sérieux qui est confronté à un système politique qui n'est pas très ouvert à l'analyse sérieuse de ce qui est important et qui n'a pas envie de solutions complexes.

En Suisse, au terme d'une campagne où l'important et le complexe ont aussi eu de la peine émerger, le phénomène Al Gore, tout auréolé du Prix Nobel, apporte un coup de pouce aux Verts. Le discours sur l'urgence gagne une nouvelle crédibilité. De quoi réjouir les géants verts. Quelques points de plus le 21 octobre pour le Parti écologique?

octobre 13, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Elections 2007: le suspens reste entier

Swisstxt20071010_8302067_2 Le dernier baromètre électoral est publié. Si Claude Longchamp ne s'est pas trompé (et c'est généralement le cas!), nous pouvons affiner un peu plus nos hypothèses sur le 21 octobre:

1. Nous savons désormais grosso modo quelle sera la force des partis. En tous cas sur le plan des suffrages. Nous pouvons noter des tendances lourdes mais, en revanche, nous ne savons pas quelle sera la répartition des sièges. Prudence, prudence donc. Il ne faut pas oublier non plus que l'élection au Conseil des Etat demandera un second tour dans plusieurs cantons.

2. Les Verts seront les vrais gagnants mais cela on le savait déjà. A noter l'émergence notable des Verts libéraux.

3. L'UDC profite du dernier round de la campagne. On pensait que le parti allait perdre du terrain parce qu'il avait franchi une limite morale avec ses provocations. Ce n'est pas le cas.

4. L'UDC sera le grand parti de droite et il va peser encore plus fortement sur l'ensemble de la droite. Le centre (radicaux et démocrates-chrétiens) sera contraint de se repositionner et de se recompter autour d'un projet commun s'il veut continuer à exister.

5. Le PS devrait rester l'autre grande force  du pays. Les  apparentements larges qu'il a noués à gauche dans de nombreux cantons lui donnent aussi quelques garanties. Et pourtant... Le PS perd des voix, inexorablement. L'écart entre l'UDC et le PS est désormais de 5,6%. Que cache cette érosion? Qu'est-ce qui est en train de se passer? Peut-on imaginer que les sondeurs n'aient pas capté quelque chose?

Voir aussi notre dossier sur tsr.ch

octobre 10, 2007 | Permalink | Commentaires (2)

Le management par Christian Constantin

"Si vous voulez faire faillite, déléguez!" Petit cours de management sans prétention dans le feuilleton de la semaine "A Suivre" avec Christian Constantin, architecte et président du FC Sion.

octobre 9, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Journalisme citoyen: état de la question

Avec la large distribution de l'info sur Internet sous toutes les formes et à tout moment, vous êtes de plus en plus nombreux à nous soumettre vos découvertes, à nous interpeler sur la pertinence de telle ou telle information, à vouloir partager vos contenus vidéos, à nous interroger sur le rôle des journalistes. L'invention de Wikipedia, l'encyclopédie en ligne à laquelle tout le monde peut contribuer, a d'ailleurs popularisé l'idée que tout un chacun pouvait apporter sa contribution et son expertise. Pour les télespectateurs que ça intéresse, je vous signale cette réflexion d'une jeune journaliste, Elvire Berahya-Lazarus, qui a consacré un mémoire audio au "journalisme citoyen".

http://www.observatoiredesmedias.com/2007/09/29/lavenir-sera-t-il-pro-am/

octobre 8, 2007 | Permalink | Commentaires (0)

Violences à Berne: le Conseil fédéral avait été averti

Le conseiller fédéral Pascal Couchepin avait suggéré à ses collègues Samuel Schmid et Christoph Blocher de l'Union démocratique du Centre de renoncer à la manif du w.e. à Berne car les renseignements policiers annonçaient la participation des casseurs. Moment rare, le conseiller fédéral nous livre un petit bout de discussion qui s'est passé dans le saint des saints. Extrait du Journal de 19h30 samedi:

Pour écouter l'interview complète: Journal de 19h30

octobre 7, 2007 | Permalink | Commentaires (1)